Continuer la casse des retraites pour rassurer les marchés financiers

Fondation Copernic et Attac France – 14 février 2013 –
L’encre de la signature du prétendu accord sur l’emploi imposé par le Medef est à peine sèche qu’un nouveau coup se prépare pour tailler encore davantage dans le système de retraite.
Le patronat, qui gère avec les syndicats les régimes de retraites complémentaires de l’ARRCO et de l’AGIRC, vient de faire connaître ses propositions de « réforme » de ces régimes. Du 1er avril 2013 jusqu’en 2016, la valeur du point servant à calculer la pension complémentaire serait relevée de 1,5 point de pourcentage de moins que la hausse des prix (par exemple, 0,5 % de valorisation des pensions pour 2 % d’inflation) ; et, à partir de 2017, cette évolution se ferait avec 1 point de pourcentage de moins que la hausse des prix. Les pensions de réversion passeraient de 60 à 56 % de la retraite complémentaire du conjoint décédé, et seraient attribuées à partir de 60 ans seulement, au lieu de 55 actuellement dans l’ARRCO. Alors que les réformes précédentes des retraites produisent déjà une baisse de toutes les pensions, s’y ajouterait cette baisse programmée du pouvoir d’achat des retraites complémentaires. Les pensions des femmes déjà fortement minorées le seront plus encore. De plus, le Medef préconise un recul de l’âge de la retraite complémentaire d’un trimestre par an à partir de 2019.
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Jérôme Cahuzac, ministre du budget, a déclaré qu’il approuvait la désindexation des pensions des régimes complémentaires. Si les « partenaires sociaux » se mettaient d’accord sur une telle mesure, nul doute en effet qu’elle servirait de modèle pour la « réforme » des régimes de retraite de base, dont le gouvernement se propose d’accélérer le calendrier. Les grandes lignes pourraient en être présentées dès le premier semestre 2013. La justification qui est ouvertement donnée est qu’elle est destinée à rassurer les marchés financiers, ceux-là mêmes qui étaient désignés naguère comme « l’ennemi » par un candidat-futur président. Le masque est tombé : toutes les « réformes » entreprises confortent l’orientation néolibérale du « changement » : pacte budgétaire pour diminuer les dépenses publiques, cadeau de 20 milliards aux entreprises et flexibilité du travail pour accroître leur compétitivité, baisse des pensions.
Voilà de quoi en effet rassurer les marchés, dont chacun aura pu mesurer l’«inquiétude » à la hauteur du satisfecit des banques devant la non-réforme qui leur sera imposée. Il paraît que les services de police font remonter l’information selon laquelle la colère gronde devant la multiplication des plans sociaux et l’aggravation de la situation sociale. Ils n’ont pas tort. Car des solutions existent pour garantir la protection sociale. Mais elles supposent de remettre en cause la répartition des revenus qui privilégie les plus riches…
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