Le premier ministre français invité d’honneur à Hambourg – L’Allemagne convaincue que Paris respectera les règles européennes

LE MONDE | 23.02.2013

Déficit : les Allemands en partie rassurés par Jean-Marc Ayrault

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Hasard du calendrier, quelques heures après la présentation d’un sombre tableau de l’économie française par la Commission européenne, Jean-Marc Ayrault était, vendredi 22 février, l’invité d’honneur d’un prestigieux dîner de gala organisé chaque année depuis le XIVe siècle par la ville de Hambourg (Allemagne).
Parmi les 350 personnalités présentes, Friede Springer, patronne d’un très puissant groupe de presse (Bild), et Jörg Asmussen, membre du directoire de la Banque centrale européenne.
Pendant trente minutes, le premier ministre a exposé, en allemand, sa vision du couple franco-allemand et de l’Europe. Evoquant l’actualité, il a affirmé que « la France a conscience de ses responsabilités et est prête à les assumer. (…) Le redressement de son économie est une priorité non seulement pour elle-même mais également pour l’Europe ».
M. Ayrault a tenu les propos que les Allemands attendaient. « La stratégie de désendettement et de redressement de nos comptes publics, avec pour objectif le déficit zéro à la fin du mandat du président de la République, sera poursuivi avec détermination. » Néanmoins, a-t-il dit dans un message apparemment adressé à Angela Merkel, « la réduction de la dette, si importante soit-elle, ne peut constituer l’unique horizon de notre destin commun en Europe ».
aAsmussen.Applaudi debout, le premier ministre semble avoir convaincu. Les Allemands apprécient aussi cet homme qui les comprend. « Depuis Dominique Strauss-Kahn, aucun homme politique français n’est proche à ce point de l’Allemagne », se félicite M. Asmussen.
Ami de Olaf Scholz, maire de Hambourg et leader du parti social-démocrate, M. Ayrault multiplie à Matignon les contacts avec les Allemands, de gauche comme de droite. Néanmoins, les doutes n’ont pas disparu. Vendredi, Michael Fuchs, vice-président du groupe de la CDU au Bundestag, a jugé que la France était « l’enfant à problèmes de l’Europe ».
Wolfgang Schaüble, le ministre des finances, a lui plutôt apporté un soutien à Paris en affirmant, dans un entretien au journal de Stuttgart que « la France va remplir ses obligations europénnes ».
Par Frédéric Lemaître (Hambourg, Envoyé spécial)
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L’Allemagne convaincue que Paris respectera les règles européennes

 Le Monde.fr avec AFP | 24.02.2013

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 Le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, s’est dit « confiant » concernant le « respect » par la France « des règles européennes » et dans le fait que celle-ci « fait tout pour avoir plus de croissance grâce à des réformes structurelles », dans un entretien paru samedi 23 février dans le quotidien régional Stuttgarter Zeitung.
Le ministre allemand réagissait aux prévisions économiques publiées vendredi par Bruxelles, selon lesquelles Paris ne devrait pas atteindre ses objectifs de déficit public en 2013 et en 2014. « La Commission européenne a présenté ses prévisions d’hiver, elle doit maintenant évaluer la situation des pays membres de l’UE. En avril, elle va faire des propositions sur ce qu’il faut faire et ensuite nous en parlerons entre ministres des finances », a ajouté M. Schäuble.
SOUTIEN FACE À LA BCE
Questionné sur la Banque centrale européenne (BCE), qui a enjoint à la France de respecter ses objectifs budgétaires, M. Schäuble a pris la défense de Paris : « Je ne sais pas pourquoi il y a des gens qui pensent qu’ils doivent toujours appeler les autres à faire quelque chose. Je n’appelle pas la Banque centrale à respecter ses engagements légaux. Au contraire, j’ai parfaitement confiance dans la BCE. »
Interrogé vendredi sur les dérapages des déficits publics français lors d’une conférence de presse ordinaire, un porte-parole de la chancelière avait refusé de commenter les chiffres de Bruxelles. « Ce n’est pas au gouvernement allemand de juger, mais à la Commission [européenne] qui discute avec chaque Etat du chemin à emprunter pour réduire la dette. La confiance en l’Europe doit se gagner par le fait que les Etats font leurs devoirs, (…) c’est-à-dire prennent le chemin de la stabilité, de finances durables. »

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