Comment l’Islande est sortie de la crise

Le Cri du contribuable – 22 février 2013 –
crise islande

Economie en croissance de 3%, taux de chômage proche du plein emploi, déficits publics inférieurs à 3 % du PIB, tourisme en augmentation de 16 % en 2012, prêt du FMI remboursé en avance, l’Islande est sans aucun doute maintenant sortie de la crise.
Et pourtant en 2008 c’était le pays qui en souffrait le plus : les trois principales banques, en faillite, devaient être nationalisées, les déficits publics atteignaient  13,5 % du PIB, le PIB reculait de 6,6 % en 2009 et des prêts d’urgence de 8 milliards de dollars du FMI  et de pays européens étaient mis en place.
Comment ce redressement a-t-il été obtenu ?
Les banques islandaises, en particulier une filiale de la plus grande banque (Landsbanki),  s’étaient beaucoup développées au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, attirant les déposants par des taux élevés, jusqu’à 7 % l’an.
Après leur faillite, que le gouvernement islandais n’a pas essayé d’empêcher, les gouvernements anglais et néerlandais ont indemnisé les déposants de leur pays et ont fait pression pour que le gouvernement islandais  les rembourse des 3,5 milliards d’euros qu’ils avaient versés.
Un accord à ce sujet a été ratifié par le parlement islandais, mais le président islandais, répondant à une pétition de plus de 50.000 signatures, l’a soumis à référendum.
A 93 % les Islandais l’ont refusé : il coûtait 100 euros par mois pendant huit ans à chaque ménage islandais. Les négociations ont repris et abouti à un accord plus favorable aux Islandais.
Un nouveau référendum l’a refusé à 58 %. Le gouvernement néerlandais a alors saisi la Cour de justice de l’AELE (l’association européenne de libre-échange), dont l’Islande est membre.
Baisse des dépenses et démocratie directe
Entre temps le gouvernement islandais avait lancé une politique de redressement énergique : dévaluation de la monnaie islandaise de 60 % ; baisse des dépenses pour revenir à l’équilibre du budget ; signature d’un pacte de stabilité entre les syndicats patronaux et ouvriers, avec blocage des salaires ; nouvelle Constitution permettant des référendums d’initiative populaire, après signature d’une pétition par 2 % des électeurs ; poursuites en justice contre les dirigeants des banques en faillite.
Les résultats de cette politique ont été excellents.
La liquidation des banques en faillite a permis de rembourser 90 % des créances des gouvernements anglais et néerlandais sans que le gouvernement islandais y mette un sou du contribuable.
Le 29 janvier 2013 la Cour de justice de l’AELE a donné raison à l’Islande : son gouvernement n’avait pas à garantir les dépôts étrangers dans ses banques. Les tribunaux islandais ont condamné deux banquiers islandais à de la prison ferme.

economie

Comme l’a déclaré récemment à Davos le président islandais :
« La théorie que vous devez payer pour sauver les banques est une théorie selon laquelle les banquiers peuvent jouir de leurs propres bénéfices et de leur succès, puis que les gens ordinaires payent pour leurs échecs au moyen des impôts et de l’austérité. Dans les démocraties éclairées, les gens ne l’accepteront pas sur le long terme ».
L’Islande est un petit pays. Mais, grâce à la démocratie directe qu’il pratique, ce pays a donné une grande leçon aux Européens.
Alain Mathieu, président d’honneur de Contribuables Associés
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