Police – Symbole sombre des années Sarkozy, Bernard Squarcini prend le large

Rue 89 01/03/2013 François Krug | Camille Polloni, Journalistes

Ex-flic de Sarkozy, Squarcini passe au privé : « Je prends le large »

Il est temps pour lui de tourner la page « police ». Bernard Squarcini vient de créer sa société d’intelligence économique, Kyrnos – le nom sous lequel les Grecs anciens désignaient la Corse. « Je l’ai créée pour être libre », explique-t-il à Rue89.
Symbole sombre des années Sarkozy, Bernard Squarcini a été une des premières victimes de l’alternance. Le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) a été débarqué dès le 30 mai et nommé préfet « hors cadre », dans l’attente d’un éventuel poste.
Son collègue Frédéric Péchenard, ex-directeur général de la police nationale, a été recasé à la délégation interministérielle à la sécurité routière.
Hommage à la Corse
Bernard Squarcini, lui, a préféré le privé au placard : comme l’a annoncé Le Point, il a choisi de créer sa petite entreprise. Finalement, il ne se recycle pas au barreau, hypothèse un temps envisagée.
Sa société, domiciliée dans le VIIe arrondissement de Paris, a été enregistrée ce jeudi auprès du tribunal de commerce. Fidèle à ses racines corses, Bernard Squarcini l’a donc baptisée Kyrnos.
Contacté par Rue89, il explique : « Il fallait bien trouver un nom, faire les choses dans les règles. Il y avait beaucoup de formalités à faire auprès de la commission de déontologie de la fonction publique, des tas de pièces à fournir.
La commission a avisé mon administration, le ministère de l’Intérieur, de son avis favorable. Je prends le large, je quitte la police, je ne veux plus être traqué. »
L’ancien « espion du président » reste discret sur les activités de sa société. Selon les documents qu’il a déposés au tribunal de commerce, Kyrnos Conseil se consacrera à : « La prestation de services et la fourniture de conseils en matière de sécurité, d’analyse de risques, de gestion de crise et de stratégie auprès de personnes morales et de personnes physiques. »
Discret sur ses clients
Qui seront les clients de Bernard Squarcini ? En novembre, la lettre d’information spécialisée Intelligence Online affirmait qu’il devrait offrir ses services à de grandes entreprises du CAC 40 – et notamment LVMH, le géant du luxe.
Bernard Squarcini élude : « Plusieurs personnes m’ont démarché. J’ai créé cette société pour être libre, c’est bien pour ça que je n’ai pas intégré une entreprise. »
Dans sa nouvelle vie, il pourrait travailler avec un autre ancien flic : Charles Pellegrini, ex-patron de l’Office central de répression du banditisme (OCRB), déjà à la tête d’une boîte d’intelligence économique. Et président de l’Aviation Club de France, le plus vieux cercle de jeux français, tenu par la famille corse Francisci.
Tous des noms en « i »
A l’évocation d’une possible association, Squarcini plaisante sur leurs origines communes : « Il n’y aura pas que Pellegrini, il y en aura plein d’autres… Et ils auront tous des noms en “i” ! »
Bernard Squarcini semble confiant dans l’avenir. Seul hic, l’ancien patron du renseignement français est mis en examen pour « collecte illicite de données » dans l’affaire des fadettes (les relevés d’appels téléphoniques) d’un journaliste du Monde.
arue89squarciniBernard Squarcini à Paris, le 17 mai 2012 (CHAMUSSY/SIPA)

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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