Les jeux video…

Du magazine La Décroissance mars 2013 – Raoul Anvélaut
« On ne voit jamais d’articles critique sur les jeux vidéo, cette plaie pour les enfants, enfin, pas que pour les enfants parce qu’il y a beaucoup, beaucoup de gens qui s’y adonnent. C’est un vecteur de violence, d’addiction, etc. » 
untitledUn de nos lecteurs nous a laissé ce message sur répondeur. Excellente suggestion, cher lecteur, certes un peu facile. Le jeu vidéo n’est de surcroît qu’un des éléments de la panoplie de « cyber cocktail » destiné à abrutir des individus isolés derrière des écrans. Notre monde n’a plus rien d’autre à offrir à toute une partie de sa jeunesse et de sa population. Il vaut mieux une masse de cyber-zombies qui se tiennent tranquilles derrière leurs ordinateurs que des meutes de révoltés qui agissent dans la vraie vie.
Pour légitimer cette œuvre de décérébration générale, on peut compter  sur les employés-journalistes des médias, propriétés des puissances économiques. Face à la violence hallucinante des jeux vidéo, ces laquais à la solde des trusts n’ont pas peur de prétendre leur faire jouer un pseudo rôle de « catharsis », comme si baigner dans le meurtre et les armes rendait pacifiste. Surtout, ils loueront ce qu’ils s’acharnent à faire passer pour une nouvelle « culture ». Jeunes et moins jeunes pourront ainsi passer leur temps rivés à leur console et rassurés : ils ne gâchent pas leur vie… mis se cultivent. les contradicteurs seront quant à eux présentés comme autant de « pas cool », inadaptés, coincés, etc. Bien sûr, il s’agira « face aux écrans, [de] responsabiliser les enfants plutôt qu’interdire » (Le Monde 22/1/2012). C’est en tout cas ce que recommande rien de moins que l’Académie des sciences dans un avis publié le 22 janvier 2012. « Interdire » est un gros mot dans la langue libérale-libertaire, et on demande aux enfants d’endosser la responsabilité que les « adultes » n’ont plus le courage d’assumer.
06-12-28-jeux-videos-violentJe vous l’avoue : à 20 ans j’ai joué aux jeux vidéo. pas longtemps, mais trop de temps quand même mais ce qui m’est le plus terrible est d’observer, un quart de siècle plus tard, des gens de ma génération, qui pourraient être grand-parents, toujours figés derrière leur console vidéo. Comme si leur cerveau s’était glacé et que leur corps continuait à vieillir. Dans son livre génial L’emprise numérique, Cédric Biagini décrit bien ce phénomène : « La culture « adulte » est ringardisée par les nouvelles technologies, les séries télé, les jeux vidéo, les sports extrêmes… L’industrie du divertissement, l’entertainment, propose les mêmes activités pour tous et une culture identique, à quelques nuances près, de 7 à 77 bans. Finis les cycles de la vie successifs avec leurs phases d’apprentissage, leurs valeurs et leur imaginaire : désormais tous au fast-food ! (…) Une salle qui projette des films traditionnellement destinés aux enfants peut être remplie d’adultes. … En ringardisant systématiquement la vie d’adulte, elles [les marques] contribuent à effacer les frontières entre les générations : plus de mineurs, plus d’adultes, plus de vieux, juste des consommateurs qui communient ensemble 5…° L’adolescence s’étire, les jeunes adultes refusent de grandir, alors que quadragénaires et quinquagénaires s’obstinent à rester jeunes. Il n’y a plus de vieux, mais des seniors. Vieillir, c’est se rapprocher d’une mort que l’on nie. »
« Ouuuuuuais, il est pas cool Raoul « , il n’a qu’une vie et ne veut pas passer à côté.

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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