Salon de l’agriculture 2013 – L’après … Adieu veau, vache, cochon…

asalonroquefort-papillon-salon-agriculture-2013« Coïncidence malheureuse ou cocasse, le Salon de l’agriculture s’est inscrit cette année dans le double contexte d’une crise sanitaire viandeuse et d’un scandale médiatico- littéraire porcin. Chevaux, bœufs et cochons étaient
sur toutes les lèvres et de tous les maux.
Quelle que soit la conjoncture, le Salon de l’agriculture est toujours, pour moi, un événement anxiogène et nauséeux : immenses halls saturés de visiteurs (693 752 cette année), milliers de bêtes mutiques et hagardes qui somnolent la tête contre les barreaux, machines rutilantes à la gloire de l’agriculture intensive, hurlements en boucle dans les haut-parleurs, enseignes de malbouffe à gogo… Bref, une vaste foire célébrant à peu près tout ce qui cloche aujourd’hui dans l’univers agro-alimentaire. (…) »  Lu sur Le ventre libre.
 Le ventre vide 05 mars 2013

 Adieu veau, vache, cochon…

 Le pire : le pavillon dit « végétal », où la seule référence légumière était une dérisoire pyramide de carottes, laitues et poireaux bien calibrés. J’ai cherché en vain, au milieu des faux champs de céréales et des sets de mobilier de jardin, les espaces dédiés aux cultures biologiques, à l’agro-écologie ou au petit maraichage …
J’ai fini par me réfugier du côté des « Régions de France », pavillons qui, certes, traitent plus de spécialités culinaires que de traditions agricoles. Mais là, au moins, on pouvait manger, boire et oublier. Dans le dédale des stands, il était même possible de rencontrer quelques vrais artisans, ravis de vous faire déguster leurs fromages, charcuteries, bons petits crus ou pâtisseries typiques.
Ce que je retiendrai surtout de ce Salon 2013, ce sont les jolis stands d’Ile de France, où l’on put goûter au cresson de Méréville frais et poivré, au champignon de Paris vraiment de Paris, au succulent brie de Melun, aux fondantes Nicettes (recette familiale de caramels) ou encore aux macarons de Réau, bien meilleurs que les versions fourrées et bariolées que l’on connait.
Une occasion pour découvrir et applaudir l’initiative du Cervia (Centre de Valorisation et d’Innovation Agricole et Alimentaire) et son nouveau label pour la restauration francilienne, « des produits d’ici, cuisinés ici ». A une époque où le consommateur est en droit de douter de tout ce qu’on lui met dans l’assiette, ce label permet d’identifier les restaurateurs à Paris et région parisienne qui cuisinent des produits frais, de saison, et originaires d’Ile de France. Les restaurants adhérents ne sont pas encore très nombreux (une cinquantaine), mais la liste est prometteuse. J’y ai aperçu quelques tables parisiennes que j’affectionne, comme Youpi et VoilàLe GalopinLe Taxi Jaune, le Café des Musées, Le Pantruche, Claude Colliot,  Au Passage, ou encore La Pulperia. Cela m’a réconfortée et redonné un peu de coeur au ventre.
Camille Labro
A lire : le texte de Pierre Rabhi sur « Le Salon de l’Agriculture, cette grande foire commerciale » dans le Huffington Post.

salon bestioles

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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