Etats-Unis – Dix ans après, l’ombre tenace de la guerre d’Irak

Le Monde 20/03/2013
C’est un anniversaire célébré sans faste ni enthousiasme. Il y a dix ans tout juste, le 20 mars 2003, les Etats-Unis déclenchaient l’opération militaire « Liberté de l’Irak », censée mettre à bas le régime honni de Saddam Hussein, épargné en 1991 par George Bush « père ».
Une guerre, qui, in fine, a emporté de très nombreuses vies – plus de 100 000 côté irakien, 4 485 côté américain – et grevé singulièrement l’économie de la première puissance mondiale avec un coût estimé à… 4 000 milliards de dollars.
Ce conflit, motivé par la présence supposée d’armes de destruction massive sur le sol irakien, méritait-il d’être mené ? Aujourd’hui encore, cette épineuse question suscite des avis profondément divergents : à ceux qui voient dans l’éviction du « tyran de Bagdad » un mal nécessaire pour arracher la population à sa servitude s’opposent ceux pour qui « l’aventurisme » de George Bush « fils » et de sa camarilla n’aura été rien d’autre qu’un « acte d’agression » sans justification, dénué de toute légalité internationale et générateur d’instabilité.
De l’avis du New York Times – partagé par Middle East Online -, cette « marche folle » n’a pas contribué à renforcer l’influence et la crédibilité de l’Amérique, tant s’en faut. L’hubris qui avait mené l’Oncle Sam sur le sentier de la guerre s’est, semble-t-il, évaporé. Quid de l’Irak lui-même ? Si, comme le laisse penser le Daily Telegraph, la culture et les arts connaissent un renouveau salvateur, le pays n’est pas pour autant libéré de ses vieux démons.
La violence et le sectarisme perdurent. Quant à la démocratie, elle n’existe que sur le papier, minée par les assauts conjugués de l’autoritarisme, de la corruption et du népotisme.  Ce qui tire au New Yorker cette conclusion empreinte d’amertume : « Vietnam, Irak, Afghanistan : nous avons beaucoup d’anniversaires à oublier. »

airak pancho

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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