Quand Sarkozy arrosait la police … Employer moins pour dépenser plus… : 62 – 49 et 22 millions au final !

Le Canard Enchaîné – 20 mars 2013  N°4821 – D.H.
La Cour de comptes, dans un impayable rapport consacré aux rémunérations de forces de l’ordre, et rendu public le 18 mars, explique comment Sarkozy s’est payé police et gendarmerie.
En 150 pages, une multitude chiffres, de tableaux et de graphiques, les magistrats démontrent comment l’ex premier flic de France a réussi l’exploit de supprimer des postes de fonctionnaires (7 236 équivalents temps plein entre 2005 et 2011) tout en aggravant le déficit des comptes de la nation. Employer moins pour dépenser plus…
L’explication est simple. Pendant qu’il supprimait des emplois, Sarkozy achetait le silence social grâce à l’octroi d’une myriade de primes. Ces « mesures catégorielles » ont coûté, entre 2008 et 2011 plus de 450 millions d’euros.
Pour la seule année pré-électorale de 2011, les flics ont ainsi reçu 62 millions de primes, et les gendarmes 49 millions. Résultat, écrit la Cour « le coût annuel supplémentaire au cours de la période 2008-2011 a été largement supérieur aux économies résultant des réductions d’effectif ».
Pour payer ces 240 000 fonctionnaires, les ministres de l’Intérieur successifs n’ont pas hésité à piquer dans les réserves, obtenant le « déblocage de la réserve de précaution », le fric que l’Etat met de côté en cas d’urgence. Chaque fois, le contrôleur budgétaire et comptable ministériel a « émis des réserves, proposé des économies ». Chaque fois, il s’est fait renvoyer à sa calculette.
Claude Guéant, le dernier ministre de l’Intérieur de Sarkozy s’est mis lui, carrément hors la loi. En juillet 2011, il crée les « patrouilleurs », pour mettre du bleu sur la voie publique. A neuf mois de la présidentielle, ça ne pouvait pas faire de mal. Pour payer les heures sup de cette police de proximité new-look, il n’a pas lésiné. L’heure supplémentaire doit, légalement, être payée 12 euros. Les patrouilleurs ont touché plus de 26 euros. Montant de la facture : 22 millions.
Et tout ça pour ne même pas être élu !
gendarme_1269252259
Nouvel Obs mars 2013

Quand Sarkozy s’entourait de caméras bidon

 Des caméras placées par le ministère de l’Intérieur étaient « destinées à véhiculer une image de futur président », selon Alliot-Marie.
Le Canard enchaîné » et le Lab d’Europe 1 ont lu le dernier ouvrage de Michèle Alliot-Marie, et ils ont bien fait. Ils relèvent qu’entre 2002 et 2007, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, s’est entouré de caméras bidon pour accentuer l’effet de cohue indescriptible autour de lui.
En plus des caméras des chaines de télévision, il y avait celles du ministère : « Avant son élection en 2007, je voyais toujours Nicolas Sarkozy arriver entouré d’une nuée de caméras. Certaines portaient les sigles de TF1, France 2, etc., mais d’autres étaient sans marque. Ces caméras, placées par le cabinet même de Nicolas Sarkozy, étaient destinées à véhiculer une image de futur président qui monopolise l’intérêt des médias« , écrit Michèle Alliot-Marie, qui a succédé à Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur, en 2007 (« Une femme au coeur du pouvoir d’Etat », Plon, mars 2013).
B.L.

asarko caméras

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
Cet article, publié dans Débats Idées Points de vue, Economie, Médias, Police, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.