Santé – enquête sur les troubles du sommeil : Témoignage

Nouvel Obs 23-03-2013 Par Chloé Ferrere Étudiante en journalisme

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La nuit, je me réveille toutes les 20 minutes : mon sommeil est devenu un handicap

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LE PLUS. A l’occasion de la journée du sommeil, le 22 marsl’Institut national du sommeil et de la vigilance publie une enquête sur la façon dont dorment les Français. Ils sont 69% à se réveiller au moins une fois par nuit et près d’un quart d’entre-eux souffre de troubles du sommeil. Comment vivre en dormant si mal ? Témoignage.
TROUBLES DU SOMMEIL. J’ai toujours eu un sommeil très agité. Enfant, je parlais et je gigotais sans cesse mais ce n’est que quand je suis arrivée à Paris, il y a trois ans, que la situation a empiré.
 Je me réveille désormais toutes les nuits entre 3 et 4 heures du matin et ne parviens à me rendormir qu’à 6. Bilan : je peine à me lever, j’arrive très souvent en retard et je suis fatiguée toute la journée.
 Le grand écart entre tisane et antidépresseurs
 Je n’ai aucun problème pour m’endormir, je n’ai qu’à m’allonger et à fermer les yeux.
 C’est la qualité de mon sommeil qui est à remettre en cause. Je suis si agitée quand je dors que je ne fais pratiquement que des micro-sommeils, je me réveille toutes les 20 minutes et, si j’ai des phases de sommeil profond (celui vraiment régénérateur), elles sont si courtes qu’elles ne me reposent pas.
 Pendant un an et demi, j’ai essayé tout ce qui était possible : les tisanes, les sédatifs homéopathiques et autres… Mais rien n’y a fait.  J’ai donc décidé d’aller voir un médecin pour traiter mes troubles. Il m’a prescrit un antidépresseur, du Xanax.
 Avec ça, je dormais la nuit. Mais la journée aussi ! J’étais complètement groggy. J’ai rapidement arrêté ce traitement et j’ai pris rendez-vous à la clinique du sommeil, à Paris.

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 Une batterie d’examens pour rien
 Mes examens ont été faits en deux temps. J’ai passé une première journée et une nuit chez moi, le corps intégralement recouvert d’électrodes, forcée de noter chacun de mes faits et gestes : mes heures de réveil, de sommeil, mes repas…
 La deuxième journée s’est faite à la clinique elle-même. De 8h30 à 16 heures, j’étais dans une salle très confortable, à enchaîner les siestes à la demande des médecins.
 Au départ, ils ont pensé, d’après mes symptômes, que je souffrais d’hypersomnie, la maladie du trop-plein de sommeil. En clair, quand tu en souffres, plus tu dors, plus tu es fatigué. Mais dans mon cas, mon sommeil est bien trop nerveux pour que je puisse en être atteinte.
 Je n’ai donc rien de « notable », je ne suis pas malade. Je suis comme les soldats dans les tranchées… Je ne dors jamais que d’un œil.
 Les médecins pensent que c’est dû au stress. Comme j’ai souvent des douleurs articulaires, j’ai aussi pensé qu’elles auraient pu être la cause de ces problèmes, mais après consultation d’un ostéopathe, il s’est avéré que non…
 Les gens comprennent ces troubles
 Ce handicap me pose un gros problème : le matin, j’ai un mal fou à me lever.
 Certains jours, j’utilise jusqu’à quatre réveils pour me sortir du lit. Et puis je marche au radar encore plusieurs heures avant de réellement émerger. Du coup, j’arrive assez souvent en retard en cours.
 J’en ai bien-sûr parlé à mes professeurs, ils l’ont parfaitement compris. Pour la plupart, ils connaissent eux-aussi quelqu’un qui souffre de troubles du sommeil. Même si ce ne sont pas exactement les mêmes que les miens.
 Mais le fait que mes professeurs soient compréhensifs ne m’aide pas beaucoup plus dans la journée. Par moments, je me sens ralentie. J’ai du mal à rester concentrée longtemps sur quelque chose sans me mettre à somnoler.
 Et je ne parle pas de ma mémoire… Quand on me parle, j’ai tendance à zapper ce qu’on me dit, tout simplement parce que je suis dans le coton.
 Le remède : l’anticipation
 Alors pour pouvoir vivre normalement, je suis devenue une experte de l’anticipation. Tout est calculé !
 Le soir, avant d’aller me coucher, je fais des exercices de relaxation. Je respire profondément et calmement tout en me concentrant sur chaque partie de mon corps.
 Pendant la journée, je fais aussi des micro-siestes. Je m’isole cinq minutes durant lesquelles je m’endors. Elles me remettent d’attaque : un fumeur soulage son envie avec une cigarette, je soulage ma fatigue avec une petite sieste.
 Bien-sûr, tous les excitants me sont proscrits l’après-midi, moi qui adore le thé, je dois me contenter de n’en boire que le matin.
 J’espère vraiment que ces troubles ne dureront pas toute ma vie. Même si je ne veux pas trop me plaindre… je pourrais aussi être insomniaque ou narcoleptique, ce qui serait bien plus grave.
 En relativisant, je me dis que s’il faut, pour vivre normalement, m’astreindre toute ma vie à vivre avec mes quatre réveils, je le ferais sans hésiter.
 Propos recueillis par Agathe Mercante.

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A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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