France – L’ancien président de la République rattrapé par l’argent

La république des Pyrénées 22/03/2013 Par Jean-Marcel Bouguereau

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Le jeu de piste du juge Gentil a donc fini par aboutir puisqu’hier soir il a mis en examen Nicolas Sarkozy pour abus de faiblesse sur la personne de Liliane Bettencourt. L’ancien président est le onzième, après notamment le photographe François-Marie Banier, après le gestionnaire de fortune, après Éric Woerth, à être ainsi mis en examen pour les mêmes motifs.
C’est que la fortune de Liliane Bettencourt, héritière de L’Oréal et l’une des femmes les plus riches de France, avait de quoi susciter l’appétit ! Les appétits personnels, comme ceux de François-Marie Banier, qui, entre gourou et gigolo, faisait le siège de la vieille dame et de son héritage. Mais aussi les appétits politiques que sa « générosité » en matière de financement ne pouvait qu’attiser.
 Après avoir mis en examen Éric Woerth, trésorier de l’UMP et organisateur du « premier cercle », chargé de collecter des fonds pour sa campagne auprès de riches VIP, le juge Gentil tournait depuis longtemps autour de Nicolas Sarkozy. Depuis des semaines, il épluchait les agendas de l’ancien président, s’attachant à vérifier si Nicolas Sarkozy a rencontré Woerth à des dates proches des rencontres ayant eu lieu entre le trésorier de l’UMP et son ami Patrice de Maistre, alors gestionnaire de la fortune Bettencourt, et qui organisait discrètement le rapatriement d’espèces depuis la Suisse. Par ailleurs, le juge d’instruction épluchait également les contacts entre l’Élysée et le magistrat Philippe Courroye, afin de vérifier si le traitement de cette affaire d’abus de faiblesse par celui qui était alors procureur de Nanterre l’aurait infléchi à la suite d’instructions données au plus haut niveau de l’État.
Il y a quelques années, le journal intime de François-Marie Banier, alors proche des Bettencourt, rapportait des propos tenus devant lui par Liliane Bettencourt : « De Maistre m’a dit que Sarkozy avait encore demandé de l’argent. J’ai dit oui. » En outre, il apparaît que deux retraits d’espèces de 400 000 euros chacun ont eu lieu en pleine campagne présidentielle, à des dates plus que troublantes au regard des indices déjà récoltés par la justice. D’autres indices semblent indiquer une visite express de Nicolas Sarkozy chez les Bettencourt entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2007. Sur l’agenda de la maison Bettencourt, avait déjà été retrouvée la mention d’un « monsieur Nicolas S. ».
Même si l’ancien président aurait nié, cela fait beaucoup. Surtout que cette inculpation vient après d’autres affaires : Karachi, Tapie-Crédit-Lyonnais, l’affaire libyenne, toutes des affaires de financement illégales. Comme si, du Fouquet’s au bouclier fiscal jusqu’à cette dernière affaire, son maître-mot avait été l’argent.

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A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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