Ré-industrialisation: aller chercher les pépites délaissées…

Alternatives Economiques – Alain Godard – 28 mars 2013 –
alain-godard-aout-2010-3Alain Godard, 67 ans, est diplômé de l’École Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse. Il s’intéresse à l’économie et à l’entreprise en tant que conseil de plusieurs PME dans le domaine des biotechnologies végétales et intervient en tant que « passeur d’expériences » pour le compte de grands groupes internationaux.
Comme tout le monde, j’entends les discours d’Arnaud Montebourg sur les actions entreprises pour sauver les emplois industriels des entreprises en difficulté.
Comme tout le monde, j’entends les discours des écologistes qui nous disent que les investissements dans les énergies renouvelables seront les sauveurs à la fois de la planète et de l’activité industrielle.
Et chacun de se précipiter sur les activités classiques dans le solaire ou l’éolien, alors que l’intérêt de cette dernière technique est de plus en plus contesté, et que la surproduction des panneaux solaires entraine chaque jour des fermetures d’usines (Bosch dernièrement à Lyon en est le dernier exemple)
C’est une visite à la foire de Lyon qui est à l’origine de ce billet: je suis en effet tombé par hasard, simplement guidé par un intérêt pour les innovations, par la présentation d’une chaudière très innovante présentée comme consommant trois fois moins d’énergie qu’une chaudière à gaz et totalement écologique puisque ne dégageant pas de CO2.
Questionnant le représentant du stand sur cette technologie que je ne connaissais pas, j’ai appris que cette chaudière « révolutionnaire » était fabriquée par une PME bretonne, à partir d’une technologie inventée à l’origine pour chauffer les sous-marins.(www.aci-chaudiere-ionisation.fr )
Technologie qui s’appuie sur les phénomènes d’électrolyse pour produire de la chaleur :le courant électrique passant dans un circuit primaire d’eau déminéralisée augmente la conductibilité d’un fluide caloporteur, grâce à l’accélération de la vitesse des électrons renvoyés d’une électrode à l’autre.
Coût d’exploitation faible, hauts rendements, très grande fiabilité, écologique, remplacement simple des chaudières existantes en maintenant les systèmes de chauffage en place (circuits d’eau,sols ou radiateurs): le seul problème de cette « machine idéale » est son prix de revient et donc son coût pour l’acheteur, trois à quatre fois supérieur à celui d’une chaudière à gaz.
Mais chacun sait bien que le prix de revient est dépendant des conditions de production, selon qu’on passe d’une production artisanale de quelques dizaines ou centaines d’unités à des productions industrielles en série de plusieurs milliers .
Alors, au lieu de mettre des millions dans la sauvetage d’activités condamnées (défendre la fabrication des diligences à l’apparition de l’automobile…), identifions ces activités délaissées qui peuvent être de véritables pépites, investissons pour développer et breveter des améliorations technologiques, subventionnons la substitution des chaudières moins écologiques et finançons la construction d’usines et la création d’emplois.
C’est ce cercle vertueux qu’il faut initier pour redonner le moral à ceux de plus en plus nombreux qui ne voient pas comment on peut s’en sortir.
Cette technologie « Iontech » n’est qu’un exemple, il en existe sans doute bien d’autres qui restent indéfiniment des pépites oubliées faute d’être identifiées et soutenues comme elles pourraient l’être.
Un autre exemple est la Pile à Combustible à Oxyde Solide (PCOS) qui est une superbe option technologique  dont les utilisations potentielles sont énormes sur le plan énergétique et dans l’industrie pétrolière, et que nos polytechniciens ignorent superbement.

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A quand un véritable programme d’innovation pour commencer à ré-industrialiser le pays?

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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