Sortir du tout-carcéral : la grande peur de l’Elysée

Siné Mensuel N°19 – avril 2013 – W.L.D. Extraits

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La prison, et Après ?
Ils ont purgé leur peine, payé leur dette à la société comme on dit. Alors un matin, la porte de la prison se referme derrière eux. Que se passe-t-il ensuite ? Pour ceux qui n’ont pas été préparés, entourés, la liberté tant désirée peut rapidement virer au cauchemar.
Chaque année, on estime à environ 75% le nombre de détenus soumis à une « sortie sèche ». longtemps, il n’y eut personne pour s’émouvoir de la détresse du taulard nouvellement libre. Qu’il ait payé sa dette à la société par des années entre les murs ne suffisait pas. sa pénitence devait être éternelle. Et puis, l’idée a commencé à émerger qu’il fallait faire quelque chose de la prison. Ne pas coupler enfermement et passivité. la prison comme lieu de rédemption, avec accompagnement et pédagogie : vaste programme !
Aujourd’hui, on le sait, la prison désocialise. Elle est pourrie par la violence, la surpopulation, la vétusté et le mépris. Comment concevoir qu’en France, en 2010, seuls 27% des détenus travaillaient ? Comment accepter que la taux horaire, fixé par décret selon un pourcentage du Smic, soit compris entre 4 et 6 euros brut de l’heure en fonction des activités ? De telles injustices attisent l’esprit de revanche et non l’apaisement. « La prison telle qu’elle est conçue aujourd’hui n’est pas le lieu de réflexion et de reconstruction dont la société a besoin. La marginalisation est si puissante que j’en suis venu à me demander si y mettre quelqu’un qui a commis un délit est une solution salvatrice » explique Milko Pari, président de l’association d’aide aux détenus « Ban Public ».
Christiane Taubira l’a bien compris. La garde des sceaux disait déjà à l’été 2012 qu »il y a des années que l’on sait que la prison sur les courtes peines, génère de la récidive, c’est presque mécanique. » Désirant parachever cette analyse lucide et, ainsi, sortir du tout-carcéral idiot de la droite, Taubira a convoqué une conférence de consensus dont le jury a tiré, mi-février, des préconisations courageuses : opter pour la conditionnelle automatique, encourager la semi-liberté et, surtout, interdire les sorties sèches, génératrices d’un retour fréquent vers la délinquance.
Problème : la réforme pénale suscite quelques atermoiements du côté de l’Élysée   qui craint un nouveau procès en laxisme. Quand ce gouvernement de gauche en sera-t-il vraiment un ??1221121212

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