Deux-Sèvres – A Niort la confiserie historique de 1897 fermera ses portes …

La nouvelle République 27/04/2013

Après 116 ans, la confiserie Leclercq baisse le rideau

ALEXANDRE LECLERCQAlexandre Leclercq, une des figures marquantes de la dynastie, a assuré à lui seul un demi-siècle de présence sur la Brèche.
Cette enseigne historique cesse aujourd’hui-même son activité. La greffe n’a pas pris, depuis son installation dans les nouveaux kiosques de la Brèche.

leclercq 003

Depuis 1897, est-il inscrit sur l’enseigne, en lettres claires sur fond sombre. Ce samedi, une enseigne de 116 ans vivra sa dernière journée. La confiserie Leclercq, installée depuis fin 2012 dans les nouveaux kiosques aménagés par la Ville sur la Brèche, cesse son activité. Trois salariés vont être licenciés.
La greffe n’a apparemment pas pris depuis que ce commerce historique a quitté le bas de la place. « Jusqu’en 2009, l’entreprise connaissait une progression constante du chiffre d’affaires. A partir de 2010, celui-ci a baissé régulièrement jusqu’à un recul de 50 % en 2012. Depuis le début de l’année 2013, la baisse est de 85 % et le chiffre d’affaires ne couvre même plus les salaires. Il y en a pour des années avant que les clients reprennent des habitudes : mon expert-comptable m’a dit qu’il n’y avait plus d’autre solution que la fermeture », explique Jean-Pierre Leclercq.
Un simple banc
anrleclerc confisBonbons, berlingots, barbe à papa ? Des générations de Niortais ont satisfait leur goumandise chez Leclercq. Une aventure démarrée avec Augustin Leclercq : originaire de Charente, pâtissier de métier, un jour d’automne 1897 il installe un simple banc sur la Brèche pour y vendre bonbons et sucres d’orge maison.
Son fils aîné Maurice reprend l’affaire jusqu’à ce qu’en 1929, il parte sur La Rochelle ouvrir son restaurant. Alexandre, le deuxième fils d’Augustin, assure la succession. La baraque sur roues a remplacé le banc. Alexandre assure à lui seul un demi-siècle de présence sur la Brèche !
220px-BerlingotsC’est à lui qu’on doit le berlingot Leclercq, brevet déposé en 1959, expédié dans la France entière, et la guimauve chaude brassée par une machine achetée en 1920. Une tradition : le confiseur l’été s’expatrie sur la côte, à Châtelaillon ou à La Faute-sur-Mer. Dans les années 1950 et 1960, la maison emploie jusqu’à treize personnes. Pour fabriquer berlingots et sucettes, elle fait venir spécialement de Grasse jusqu’à une quinzaine d’arômes, à mélanger selon un savant dosage d’alchimiste.
La machine à brasser le nougat
Leclercq, comme la droguerie Pintoux, fait partie des institutions historiques du commerce niortais. Dans son roman, « Un été niortais », Hervé Gautier évoquait en 2008 le « côté délicieusement anachronique de sa machine à brasser le nougat ». Jean-Pierre Leclercq a repris un petit restaurant-glacier à Châtellaillon. Cent seize ans à filer le sucre pendant cinq générations : à Niort, le fil s’est rompu.
nr.niort@nrco.fr

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
Cet article, publié dans Economie, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.