DANDARA

DANDARA

DANDARA – Marronne, 17e siècle -BRÉSIL

L’histoire n’a retenu de Dandara, marronne du Brésil, que son nom et quelques bribes d’information. On sait seulement qu’elle fut la compagne de Zumbi Dos Palmarès, l’un des chefs de guerre les plus importants de la région marronne autonome de Palmarès, avec qui elle eut trois enfants, Motumbo, Harmódio et Aristogíton.
Dans la seconde moitié du 17e siècle, des marrons s’installent dans la région dite de Palmarès qui couvre environ 3 000 km2. Ces communautés marronnes appelées mocambos, puis quilombos étaient bien organisées et fortifiées. La plus grande, nommée Macaco ou Cerca Real, comptait plus de 1 500 maisons. En 1643, la république marronne avait 6 000 habitants, 20 000 en 1670. Elle était constituée d’esclaves marrons, africains et créoles, mais aussi d’Amérindiens, de métis et de Blancs libres.
Son 1er chef élu fut le Roi Ganga-Zumba, assassiné en 1678. Zumbi lui succéda et personnifia dès lors la résistance noire au Brésil.
Après l’expulsion des colons hollandais établis dans le nord du Brésil, la préoccupation première du pouvoir colonial portugais fut de détruire Palmarès. Il lui fallut organiser plusieurs offensives avant d’y parvenir. Ce ne fut qu’en 1693 que la partie centrale du territoire tomba.
Zumbi évita la capture pendant deux ans avant d’être trahi et finalement appréhendé et décapité le 20 novembre 1695.
Le quilombo aurait compté lors de sa destruction en 1695 près de 30 000 marrons.

On ne sait pas ce qu’il est advenu de Dandara. Zumbi et Dandara sont devenus les grandes figures de la résistance anti-esclavagiste et anti-colonialiste et des héros pour la communauté afro-brésilienne, le Brésil et l’Amérique du Sud en général. Le 20 novembre, anniversaire de la mort de Zumbi, est considéré comme le jour de la conscience et de la résistance afro-brésilienne (consciência negra). Les quilombos sont restés dans l’histoire comme des espaces de souveraineté politique opposés au système colonial.

rugendas
DIX FEMMES PUISSANTES
PORTRAITS DE FEMMES EN LUTTE CONTRE L’ESCLAVAGE COLONIAL
10 mai – 15 septembre 2013
Parvis du Mémorial de l’abolition de l’esclavage – Nantes

A propos Frédéric Baylot

MÉDITACTION, BANDE DESTINÉE & POLÉTHIQUE « Fer senzill i lleuger, per més serenitat i alegria. » http://frederic.baylot.org/
Cet article a été publié dans Droit de l'humain. Ajoutez ce permalien à vos favoris.