Affaire Lagarde – Les réactions politiques. : Député UDI, Charles de Courson, juge « illégal » le recours à l’arbitrage dans l’affaire Tapie-Crédit Lyonnais

Nouvel Obs. avec AFP 25-05-2013

Affaire Lagarde : « On peut lui accorder le bénéfice du doute »

 Christine Lagarde a été placée par la CJR sous le statut de témoin assisté. Les réactions politiques.
Christine Lagarde a échappé à la mise en examen vendredi 24 mai. L’ancienne ministre de l’économie a été placée par la Cour de justice de la République (CJR) sous le statut de témoin assisté – statut intermédiaire entre celui de témoin et de mis en examen – dans l’enquête sur le règlement du litige avec Bernard Tapie après la vente d’Adidas.
« Mon statut de témoin assisté n’est pas une surprise pour moi puisque j’ai toujours agi dans l’intérêt de l’Etat et conformément à la loi », a déclaré à la presse la patronne du Fonds monétaire international (FMI) à l’issue de ses deux jours d’audition.
« Bénéfice du doute », « bonne nouvelle », « perte d’influence de la France »… Les réactions politiques au lendemain de cette décision.
– Au Parti socialiste, Thierry Mandon, porte-parole des députés PS, suggère que Christine Lagarde ait pu être « victime » de personnes qui auraient profité de sa « naïveté » : « Enfin est reconnu le fait que le recours à la procédure d’arbitrage était quand même extrêmement suspicieux. On peut, concernant le rôle personnel qu’a joué Madame Lagarde, lui accorder le bénéfice du doute. Peut-être qu’elle a été victime de gens beaucoup plus malins et beaucoup plus sournois qu’elle qui, eux, savaient très bien ce qu’ils faisaient et qui se sont servi d’une forme de naïveté de Madame Lagarde dans ce domaine. »
Interviewé par Europe 1, le député évoque également l’image de la France à l’international : « Je crains que la prochaine fois où un Français sera candidat dans une grande institution (comme le FMI, dont Dominique Strauss-Kahn a été le directeur général), ceux qui doivent nommer les dirigeants y regardent à deux fois avant de nommer un de nos compatriotes. De ce point de vue là, ça risque de se traduire par une perte d’influence de la France dans les grandes organisations internationales. Mais je ne crois pas qu’elle [Christine Lagarde] soit immédiatement en danger sur le FMI. C’est un danger plus sournois qui la menace, c’est que le rôle moral et politique qu’elle avait jusqu’à maintenant soit amoindri durablement par ces épisodes judiciaires. »
Valérie Pécresse, députée UMP et ancienne ministre du Budget lorsque Christine Lagarde était ministre de l’Economie, affiche sa solidarité sur BFMTV : « Je suis heureuse que Christine Lagarde ait convaincu la Cour de justice de la République de sa bonne foi… Parce qu’en réalité cette décision [de placement sous statut de témoin assisté] montre que la CJR a considéré que Christine Lagarde avait pris la décision [de l’arbitrage] en toute honnêteté, en toute sincérité, et pour moi c’est une bonne nouvelle évidemment. »
– Son de cloche différent du côté du député UDI, Charles de Courson, qui qui juge « illégal » le recours à l’arbitrage dans l’affaire Tapie-Crédit Lyonnais : la décision de placer Christine Lagarde sous ce statut intermédiaire entre celui de témoin et de mis en examen « ne préjuge en rien de l’évolution finale de cette affaire. Les trois juges de la CJR continuent leurs investigations. […] Christine Lagarde est la seule ministre à avoir donné son feu vert à cet arbitrage et à avoir décidé de ne pas recourir à une annulation de cette décision. »
A-t-elle agi seule ? « Bien entendu la réponse est non », assure le secrétaire de la commission des Finances de l’Assemblée au « Parisien ». « En théorie, sur ce dossier, le seul qui aurait pu lui donner des instructions écrites aurait été le Premier ministre. Or Fillon n’a jamais rien fait en ce sens. […] Ce qui semble acté c’est que le secrétaire général de l’Elysée [de l’époque, Claude Guéant, NDLR] et le secrétaire général adjoint [François Pérol, NDLR] ont mis en musique tout cela, avec le directeur de cabinet de la ministre, Stéphane Richard, et le président du Consortium de réalisation, Jean-François Rocchi. Mais ceci n’atténue en rien la responsabilité d’un ministre. »

Christine lagarde-oliv

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