Le procès du Mediator Servier à nouveau renvoyé d’au moins un an !

Le Figaro actualités – 31/05/2103

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Jacques Servier à l’ouverture du procès, le 14 mai à Nanterre. Se déclarant malade, il n’est resté que deux heures à l’audience – Crédits photo : MARTIN BUREAU/AFP
Le tribunal de Nanterre a dit souhaiter disposer de la totalité des éléments de l’instruction menée à Paris. Il s’agit du deuxième renvoi.
Le tribunal correctionnel de Nanterre a décidé vendredi de reporter le procès du Mediator d’au moins un an, après avoir ordonné un supplément d’information. La date d’une reprise du procès, qui vise les laboratoires Servier pour «tromperie aggravée», pourrait être fixée lors d’une audience prévue le 15 mai prochain.
La présidente de la 15e chambre du tribunal, Isabelle Prévost-Desprez, a jugé que le tribunal était dans l’impossibilité de prendre une décision en l’état. Elle a demandé à ce que «la totalité du dossier» de l’instruction actuellement en cours à Paris lui soit transmise, une fois que celle-ci sera terminée. Ce volet de l’enquête pourrait être bouclé à l’été 2013. La présidente a justifié sa décision par «de multiples références à l’instruction en cours» à Paris au cours des débats qui se sont tenus jusqu’ici. Elle a estimé que le tribunal est à ce stade «dans l’incapacité de dissiper certaines contradictions».
Jacques Servier , 91 ans, le fondateur des laboratoires, et quatre coprévenus répondent dans ce procès des faits de «tromperie aggravée». Ils sont poursuivis par une partie des victimes du Mediator dans le cadre d’une citation directe, procédure qui ne nécessite pas d’enquête préalable. En parallèle, deux juges spécialisés dans les affaires de santé publique instruisent au tribunal de Paris les mêmes faits, à l’initiative d’autres victimes.
Une décision au-delà de la demande !
Le parquet de Nanterre et toutes les parties civiles avaient demandé jeudi un supplément d’information mais plus restreint, portant notamment sur le rapport d’expertises ordonné par les juges d’instruction parisiens et rendu public en avril. Selon ce document, le Mediator, un antidiabétique largement détourné comme coupe-faim durant sa commercialisation de 1976 à 2009, pourrait être responsable de centaines de morts par valvulopathie (défaillance des valves cardiaques) en France.
«Le tribunal est allé au-delà de ce que nous demandions, en réclamant l’ensemble du dossier», a souligné Me Hervé Temime, conseil de Jacques Servier. Pour les victimes présumées en revanche, ce renvoi a un goût amer. Le procès avait déjà été interrompu une première fois l’année dernière pour une question de procédure.«Je suis déçu, le procès va mettre beaucoup de temps à reprendre et pendant ce temps-là, des malades continuent à mourir», a déploré Sylvain Ramsany, qui a consommé du Mediator pendant 20 ans et souffre de valvulopathie.

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