Un collectif de sociaux-libéraux appelé Diogène a réfléchi à un programme de redressement pour la France

Nouvel Obs 04/06/2013 Extraits

Collectif Diogène : moi, Premier ministre…

 Un collectif de sociaux-libéraux appelé Diogène a réfléchi à un programme de redressement et imaginé le discours de politique générale du prochain Premier ministre.
 Plan d’un discours de politique générale( liste des membres du collectif ci-dessous )
UNE FRANCE PLUS ACTIVE DANS UNE EUROPE PLUS UNIE
La France ne va pas bien. Au-delà de la récession en 2013, la croissance y est durablement en berne, rendant obsolètes les anticipations de la campagne présidentielle. Le déficit extérieur est massif, le nombre des « sans aucun emploi » augmente de 25.000 personnes par mois depuis la mi 2011, le quart de la population active reste peu active, l’endettement public, à ses plus hauts niveaux historiques, continue à augmenter.
L’enjeu n’est pas que français. La solidité de notre pays est plus que jamais une condition de la stabilité de l’Europe. Les atouts de la France liés à sa démographie sont précieux dans un continent qui vieillit.
Après une forte dégradation de la compétitivité nationale, une prise de conscience s’est opérée sur la nécessité d’un effort majeur de redressement.
Depuis l’élection présidentielle, l’allégement du coût du travail par le crédit d’impôt compétitivité emploi et l’accord entre les partenaires sociaux sur la flexibilisation de l’emploi vont dans le bons sens. Pour autant, ces mesures ne suffiront ni à enrayer la perte de compétitivité, ni à rétablir les équilibres financiers du pays. En effet, au moment où nous affrontons la crise économique la plus grave depuis 1929, nous observons les défauts de notre modèle de redistribution, trop coûteux, trop pénalisant pour l’emploi, trop peu efficace pour ses bénéficiaires et qui doit donc être réinventé sans complaisance.
Le redressement est possible. Mais il nécessite un changement de perception collective et un supplément d’énergie. Il suppose en particulier que toutes nos capacités soient mobilisées le long de deux axes, clairement interdépendants :
que la France soit rendue plus active ; que les entreprises y créent plus de valeur afin de faire reculer le chômage. Cela nécessitera, comme dans les autres pays, un état d’esprit favorable au développement des entreprises. L’idéal républicain d’égalité qui nous est cher, ne doit pas prévaloir, en particulier, sur le développement de l’activité.
que l’Europe soit plus unie, que ses pays membres décident d’intégrer davantage leurs politiques économiques et sociales, sans peur et sans lenteur.
 Les nécessaires réformes de structure, celles qui visent à faire mieux pour moins cher, dépassent le cadre d’action que nous avons tous utilisé jusqu’à présent. Sans être le calque du programme Schröder de 2005 ou du programme Monti de 2012, elles peuvent s’en inspirer sur bien des points. Elles peuvent aussi prendre appui sur les actions continues menées avec succès dans d’autres pays développés.
A- Une France plus active
Pour inverser à trois ans la courbe du chômage en France, notre pays doit améliorer son fonctionnement dans cinq domaines clefs. Il faut d’abord miser sur les entreprises. Compétitivité accrue et réduction des dépenses publiques iront aussi de pair car l’augmentation de la dette et donc des impôts n’est plus compatible avec un haut niveau d’emploi. Nous le savons bien maintenant.
       1. Aller plus loin dans la flexibilité et dans l’allègement direct du coût du travail
       2. Améliorer la qualité du système d’éducation et de formation
       3. Mettre l’innovation et les PME au cœur du processus de création d’emplois
       4. Rendre les prestations socialement plus efficaces et moins lourdes
     5. Fournir de meilleurs services de l’Etat à meilleur coût et contribuer à simplifier le « millefeuille » territorial
BDans une Europe plus unie
Je suis honoré d’être le Premier Ministre qui, sous votre contrôle et votre décision finale, définit ce programme et l’appliquera au cours des prochaines années, aussi longtemps que vous m’accorderez votre confiance. Je conçois mon rôle comme une mission au service de notre pays. À son issue, je me retirerai sans aucune intention de briguer aucun emploi public.
Au plan de la méthode, je note que la France se singularise dans les démocraties occidentales par la dyarchie du pouvoir exécutif, qui a de nombreux inconvénients. Sans changer ce point qui résulte de l’élection au suffrage universel du Président de la République, il sera acté que celui-ci déléguera au Premier Ministre les décisions sur la politique intérieure et le plan de redressement. J’engagerai ma responsabilité devant vous.
De même le poids des syndicats en France reste bien trop faible. En renforçant le rôle des syndicats dans l’entreprise et dans la définition même des régimes sociaux, nous mettrons un terme à l’apparence de paritarisme dans la gestion courante des branches santé et famille de la sécurité sociale et reconnaîtrons la responsabilité de l’Etat dans l’application des politiques publiques.
J’entends, de plus, demander au Parlement de se prononcer sur un document unique sur les finances publiques (budget de l’État, régimes sociaux et collectivités locales).
Je crois enfin indispensable de refondre la liberté d’accès à l’information publique avec l’obligation effective pour le Gouvernement de répondre rapidement à la demande de tout citoyen, sauf catégorie très restreinte de secrets.
Je vous propose d’appliquer ce programme au cours des trois années 2013, 2014 et 2015 :
• dans la clarté parce que je suis persuadé que nous devons la vérité à nos concitoyens ; disons-leur franchement et courageusement ce que nous allons faire sur plusieurs années pour redresser notre pays, leur pays ;
• avec détermination : les difficultés, les obstacles et les critiques ne manqueront pas ; il nous faudra du temps, malgré l’impatience légitime des Français. La tâche est immense, presque vertigineuse. Retroussons-nous les manches et travaillons ensemble au salut public.
Membres du collectif Diogène
Ce texte émane d’une « réflexion collective des individus membres du groupe » qui n’engage pas ses contributeurs à titre professionnel.
Signataires : Patrick Artus, Patricia Barbizet, Jean-Pascal Beaufret, Michel Castel, Sylvain De-Forges, Jean-Louis Fort, Alban Gréget, Bertrand Jacquillat, Christian Merle, Olivier Pastré, Michel de Rosen.
> Lire l’entretien avec Bertrand Jacquillat et Michel de Rosen, membres du collectif, dans  « le Nouvel Observateur » du 6 juin.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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