Ecologie : L’animal et la nature à l’épreuve du droit et de la politique.

Gérard Charollois –www.ecologie-radicale.org 

423_930-nature-charb

«Le choix ne réside pas entre dompter la nature ou la craindre»
L’écologie politique ne saurait se réduire à la protection de la nature et au changement radical des relations avec les animaux. Mais sans cette dimension essentielle, sans cet élargissement du cercle de l’empathie à la biosphère, l’écologie politique ne serait qu’un vague progressisme, une variante esthétisante de la social-démocratie.
L’écologie politique, telle que nous la concevons, récuse les notions «d’environnement» et de «développement durable».
L’environnement suppose qu’il y a au centre Homo sapiens et tout le reste autour, en décor, en garniture, en cohortes de l’humain, divinité sur son piédestal. Or la nature est bien davantage qu’un « environnement ». Elle préexistait à Homo sapiens et vaut par elle-même, en dehors de toute utilité ou agrément pour une espèce élue. Élue par qui ? Par elle-même. Non, nous ne rabaissons nullement l’homme. Nous ne prônons aucune régression juridique et entendons même amplifier les garanties des droits et de la liberté humaine. Nous élevons le vivant et le faisons accéder à la sphère du droit et de la protection.
Constatons que l’espèce humaine est fruit d’une évolution à l’instar de toutes les autres espèces. Nous ne sommes pas misanthropes, mais nous remettons en question l’anthropocentrisme, qui ne fut jamais une garantie de bienveillance et de compassion au sein de l’espèce. Que celui qui en doute daigne ouvrir un livre d’histoire! Il se convaincra bien vite que si «l’homme est un loup pour l’homme», cette comparaison, faite par d’autres avant nous, n’est insultante que pour les loups.
En France, la question fondamentale d’un point de vue tant éthique que pratique des relations à la nature et aux autres espèces est totalement escamotée par la «classe politique». Des lobbies puissamment financés, des préjugés archaïques font de ces problématiques des sujets subalternes, traités avec condescendance. Ce silence médiatico-politique confinant à la censure ne perdurera pas, car le défi éthique découle des données nouvelles des sciences et d’une artificialisation galopante du milieu de vie. Non, l’écologie politique ne se discrimine pas par une « taxe carbone », mais par ce qu’appelle la protection de la nature et le respect des animaux, êtres sensibles.
Au lieu d’une «taxe écologique», je suggérerais de dispenser de tout impôt foncier ceux qui placent leurs terrains en réserves biologiques intégrales. La loi devrait imposer aux collectivités locales des pourcentages de territoires exempts d’urbanisation sans que les marées atlantiques doivent intervenir pour contenir la marée de béton.
Les marchandises provenant de pays ne respectant pas des normes sociales et écologiques convenables devraient être taxées aux frontières de l’Europe pour dissuader la surenchère au moins-disant, quand bien même cela contreviendrait aux injonctions du tyran mondial : le commerce. Les activités polluantes, tels le transport routier de marchandises et l’agrochimie, devraient être fiscalement pénalisées pour financer des modes de transport et de production conformes à l’intérêt général. Le choix ne réside pas entre dompter la Nature ou la craindre. Nous l’aimons du seul vrai amour qui soit, celui qui proclame : « Je suis heureux de savoir que tu existes. »
Quant aux animaux, les actes de cruauté, les sévices et mauvais traitements leur seront épargnés nonobstant les obscurantismes des adeptes de la chasse et de la torture tauromachique.La CVN, Convention Vie et Nature pour une écologie radicale, pose ici le principe d’une réforme législative réparant les incohérences du droit positif actuel enfanté par une société contradictoire dans ses aspirations et ses valeurs. Ne plus soumettre l’animal, sans distinction de caractéristiques, aux actes de cruauté aboutit, en bonne logique, à abolir la chasse. Ce n’est jamais que la conséquence de la reconnaissance de la qualité d’être sensible de tout animal, reconnaissance déjà effectuée par le droit.À ceux qui jugeraient nos propositions trop radicales, faisons observer que dans quelques décennies elles apparaîtront évidentes à tous.
Gérard Charollois Président de la CVN 13 avril 2010
51201247.jpg charlie

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
Cet article, publié dans animaux, Débats Idées Points de vue, Ecologie, Nature, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.