À La Poste (aussi), les socialistes tardent à respecter leurs engagements

Backchich info – Par Sébastien Fontenelle 30/07/2013
La société passée sous statut privé attend que le gouvernement vienne panser ses plaies quand les candidats socialistes à la primaire lui promettaient un traitement rapide.
En 2011, à la veille des «primaires citoyennes»  où doit être désigné le candidat du PS pour l’élection présidentielle de 2012, des cadres socialistes de La Poste adressent aux différents postulants un courrier leur demandant de préciser comment ils voient l’avenir de cette entreprise, devenue société anonyme en 2010.
Dans sa réponse, Martine Aubry écrit : «Depuis 2002, La Poste subit les assauts d’une politique qui n’a qu’un seul but : gommer la spécificité du service public postal et supprimer ce qui fait la particularité de La Poste au regard de ses missions au service de l’intérêt général. Je refuse ces évolutions et je m’inscris totalement dans le cadre que nous avons fixé dans le projet socialiste : “Le statut de La Poste devra redevenir celui d’un établissement public, dans la fidélité au résultat de la votation citoyenne organisée en 2009“.»
Puis de promettre: «Dès 2012, je lancerai une consultation qui réunira l’État, les partenaires sociaux, les collectivités territoriales et les représentants des associations de consommateurs pour préciser les modalités de ce retour au statut d’établissement public.»
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Lire: La privatisation est déjà en marche dans les bureaux de la Poste
Arnaud Montebourg fait une réponse sensiblement similaire: s’il est élu, explique-t-il, il tiendra , lui aussi, la «promesse» des socialistes, et La Poste redeviendra rapidement un «établissement public».
François Hollande, quant à lui, se montre moins catégorique. Il fait grief à la droite d’avoir ouvert le capital de l’entreprise, car, explique-t-il: «Les précédents de France Télécom et de GDF-Suez ont bien montré que l’ouverture de capital des grandes entreprises publiques était souvent la première étape vers leur privatisation.» Et de son point de vue: «Cette évolution est inacceptable.»
Pour autant, il ne promet pas, quant à lui, un retour, pourtant prévu par son parti, au statut qui était celui de La Poste avant sa transformation en société anonyme – mais il s’engage, s’il est «élu président de la République» à «assurer la maîtrise de l’évolution de l’entreprise par l’État», et à veiller à ce que les droits des postiers soient «rigoureusement préservés».
Lire: Après France Télécom, La Poste?

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«Mettre un terme au cynisme»
En mars 2012, François Hollande, devenu le candidat du PS à l’élection présidentielle, rencontre des représentants de l’intersyndicale de La Poste. Son équipe de campagne publie, au lendemain de cette entrevue, un communiqué de presse pour expliquer qu’elle s’est tenue «dans un contexte particulièrement difficile, alors que les drames se multiplient au sein de l’entreprise» – où plusieurs salariés ont mis fin à leurs jours.
Lire: Avis de souffrance à La Poste
Ce communiqué dresse le constat – sans concession – que «la politique de réduction des coûts sans autres perspectives, les suppressions d’emplois, la réorganisation à marche forcée ou les fermetures de bureaux créent un malaise qui marque désormais chacun des employés». Puis il déplore que «les questions posées» n’aient «récolté qu’un silence méprisant de la part du gouvernement» de droite et promet que «mettre un terme à ce cynisme sera une priorité pour la Gauche».
Si François Hollande est élu, c’en sera fini, assurent encore ses collaborateurs, du «choix de la rentabilité à court au détriment de toute autre priorité», et «la question essentielle de la souffrance au travail qui se multiplie»: le candidat socialiste  s’engage notamment à renégocier les directives européennes de libéralisation des services postaux, et à instaurer un véritable dialogue entre l’État, la direction de l’entreprise et les partenaires sociaux «pour tirer le bilan des réformes passées».
Aujourd’hui: François Hollande est aux affaires depuis bientôt quinze mois. Mais son gouvernement tarde à remédier au – toujours très profond – mal-être des postiers, qui continuent d’être soumis aux mêmes «réorganisations» anxiogènes que dans le cours des années précédentes: les socialistes, dans l’intervalle, se sont semble-t-il trouvé de nouvelles priorités.
 Lire: A la Poste, pendant la dialogue social, la souffrance continue

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