Chine – Le procès très encadré du « prince déchu » Bo Xilai

Le Monde 21/03/2013
C’est le dernier acte d’une « pièce » qui aura tenu en haleine le peuple chinois depuis la fin de 2011.

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Le procès de Bo Xilai, ancienne étoile montante du Parti communiste (PCC) tombée en disgrâce, va s’ouvrir jeudi, dans la petite ville de Jinan (province du Shandong). Agé de 64 ans, l’ex-premier secrétaire de la municipalité géante de Chongqing et « fils de prince » [son père, Bo Yibo, était l’un des plus proches compagnons de route de Mao Zedong], est jugé pour corruption et abus de pouvoir.
C’est la troisième fois en vingt ans, qu’un hiérarque qui siégeait au bureau politique du PCC – dernière marche vers l’accession au sacro-saint Comité permanent – se trouve contraint de passer sous les fourches caudines de la justice, après Chen Xitong et Chen Liangyu, respectivement ex-premiers secrétaires de Pékin et de Shanghaï.
Ce procès a une portée symbolique majeure, car il représente un test sur le sort que réserve l’élite du PCC à l’un de ses propres membres. La tâche ne s’annonce d’ailleurs pas aisée, estime The Economist, qui note que « le défi sera de vendre la décision à un public sceptique ». Le verdict ?
Pour le WSJ et The Atlantic, il ne fait aucun doute que M. Bo sera reconnu coupable, les tribunaux chinois étant étroitement contrôlés par le PCC. « Tout est déjà arrangé. Ce ne sera rien d’autre qu’une répétition », confirme au Washington Post Zhang Sizhi, avocat bien connu qui avait assuré la défense de Jiang Qing, la veuve de Mao, en 1980.
Qu’il s’agisse ou non d’une pantomime judiciaire, la Chine joue gros en termes d’image. « L’ire croissante de la population vis-à-vis de la corruption ne saurait être mise sous le boisseau plus longtemps. C’est pourquoi ce procès doit se tenir : il marque un aboutissement qui peut permettre au pays de prendre un nouveau départ ».

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A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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