Auto-écoles – Opacité – enquête de la CLCV : (Consommation, logement et cadre de vie)

Sud-Ouest  le 23/08/2013 Par yann saint-sernin

 Tarifs, temps d’attente, écarts de résultats : l’enquête qui épingle les auto-écoles

L’association Consommation, logement et cadre de vie pointe un manque de transparence dans les écoles de conduite et le manque d’homogénéité dans les résultats

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C’est le premier examen de France en nombre de candidats. Mais le passage quasi obligatoire par la case permis de conduire n’est pas gratuit. La formation serait même entourée d’une certaine opacité, selon une étude menée par l’association de défense des consommateurs CLCV (Consommation, logement et cadre de vie) rendue publique hier. À croire cette étude, choisir son école de façon éclairée et estimer le coût réel de la formation relève d’une mission particulièrement complexe pour le consommateur.
Ainsi, CLCV relève que 13 % des écoles, contrairement à l’obligation qui leur est faite, se dispenseraient d’afficher leurs tarifs en vitrine. Et un tiers d’entre elles se contenteraient d’informations partielles. Par conséquent, « confronté au discours commercial rodé du professionnel, le consommateur risque de perdre le bénéfice d’un achat réfléchi et comparé d’un service dont le poids est loin d’être négligeable dans son budget », dénonce l’association.
 D’autant que le forfait moyen semble très variable selon les régions. Si la moyenne des prix pratiqués pour un forfait initial de vingt heures de conduite est de 1 067 euros, le coût peut aller du simple au double : 780 euros à Lille, 1 425 euros à Paris. « Les coûts d’une structure ne sont pas les mêmes à Lille qu’à Paris », a réagi l’Union nationale intersyndicale des enseignants de la conduite (Unidec), sans réellement convaincre les auteurs de l’enquête.
Car les disparités en termes de coût réel du permis tiendraient également à la variation des prix des heures hors forfait. En réalité, selon la Prévention routière, 67 % des personnes ont besoin de vingt à trente-cinq heures de leçons pour obtenir le sésame. Loin des vingt heures présentées comme le forfait de base.
« Vendre un forfait à vingt heures pour attirer le chaland et l’envoyer à l’examen alors qu’il n’est pas prêt avant de lui facturer des heures supplémentaires est clairement malhonnête. L’important est de mettre en place une bonne évaluation dès le départ. Mais il est difficile de donner des garanties absolument fiables. Nous travaillons sur de l’humain, et on ne peut pas toujours prévoir comment évoluera un élève. D’autre part, le permis de conduire est devenu un examen extrêmement exigeant et vraiment très facile à rater », tempère un formateur joint par « Sud Ouest ».
Reste que, en matière de résultats, les disparités sont nombreuses. Ainsi, la Gironde affiche-t-elle un taux de réussite de 53 %, tandis que le département voisin de la Dordogne culmine à 69,37 %. Comment expliquer de telles différences ? « Passer l’examen dans une grande ville est certainement plus difficile. On peut aussi considérer que la sociologie des candidats est différente entre milieux urbain et rural : à la campagne, quand ils arrivent, les jeunes ont souvent déjà touché à une voiture, c’est moins le cas en ville. » Mais, dans un même département, les écoles présentent également entre elles des différences en termes de résultats. Et celles-ci sont rarement présentées aux clients, note CLCV.
Notons que ces informations sont théoriquement disponibles. Le consommateur peut s’armer du numéro d’agrément de l’école et s’adresser au service des roulements de la préfecture. Tout un programme ! Autre information à laquelle, selon l’association, le client devrait pouvoir accéder immédiatement : le temps d’attente avant de pouvoir passer l’examen. Les écoles n’en sont pas directement responsables. Face à la pénurie d’inspecteurs, les préfectures allouent au compte-gouttes les places pour passer les examens. Résultat : dans certains départements, si l’on rate son permis, il faut parfois attendre jusqu’à quatre mois avant de pouvoir le repasser !

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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