Syrie – Les hackers syriens prennent le contrôle du site du New York Times

Rue 89 28/08/2013  Pierre Haski | Cofondateur
Des hackers syriens pro-Assad ont pris le contrôle mardi soir du site du quotidien américain New York Times, et revendiqué leur acte sur Twitter. Ils ont également pris possession du nom de domaine de Twitter, le réseau social basé aux Etats-Unis, et créé quelques perturbations.
Le « tweet » de revendication de la SEA
 Certains visiteurs du site du New York Times ont même eu une image de revendication de la Syrian Electronic Army (SEA), alors que d’autres ne pouvaient simplement pas y accéder.
Le New York Times a d’abord fait état d’une panne lorsque son site et ses applications mobiles sont devenues inaccessibles au cours de la soirée (heure française). Mais à 22h30, Eileen Murphy, vice-présidente du New York Times, a « tweeté » qu’il y avait un soupçon d’« attaque extérieure malveillante ».
Même le système d’e-mails du New York Times ne fonctionnait plus mardi soir… Le site n’est redevenu accessible que mercredi en fin de matinée (heure française), soit plus de douze heures après l’attaque.
La cyberguerre de la SEA
L’Armée électronique syrienne (SEA), un groupe de jeunes Syriens -mais pas seulement, on y trouverait également des membres de l’armée syrienne, et un soutien logistique iranien et du Hezbollah- basé à Damas et dans la diaspora syrienne, a déjà plusieurs fois fait parler d’elle, piratant régulièrement des médias américains ou des sites considérés comme hostiles au pouvoir de Bachar el-Assad.
Cette attaque survient le jour où les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont clairement indiqué qu’ils s’engageaient sur la voie d’une intervention militaire en Syrie.
Le site du New York Times a eu une bonne partie de la journée en titre principal un article de son correspondant à Beyrouth qui a recueilli de nombreux témoignages très précis sur l’attaque chimique du 21 août près de Damas, attribuée au régime syrien et qui a provoqué la réaction occidentale.
Très rapidement, pour ne pas être totalement silencieux, le New York Times a commencé à republier des articles, en particulier sur la Syrie, sur d’autres plateformes, en faisant connaître leur adresse via son compte Twitter, suivi par plus de 9 millions de personnes.
Ainsi, dès 22h30, le compte du New York Times annonçait :
« Nous continuons à publier des informations. Voici notre dernier article sur la Syrie. » Lire
Le lien ne renvoyait pas vers le site traditionnel du New York Times, inaccessible, mais vers une adresse nouvelle : « http://170.149.168.130/packages/html/world/obama-syria-strike.html ». Suivait un article sur les cibles probables des premières frappes américaines attendues dans les prochains jours.
C’est sans doute l’escarmouche électronique la plus spectaculaire dans ce nouveau type de guerre, parallèle à la guerre traditionnelle. Elle survient à un moment de très forte tension, et concerne le plus influent des journaux américains, ainsi que le réseau social lu et employé par les médias, les activistes, les politiques du monde entier.
Il faut dire que l’Armée électronique syrienne se payait même le luxe d’avoir une belle vitrine de propagande sur… Twitter, avant même de prendre le contrôle de son nom de domaine !

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 Le compte Twitter de l’Armée électronique syrienne (Capture d’&eacute ; cran)

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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