Il y a le coût du travail… mais le coût du capital, on en parle QUAND ??

100_5763Le travail ça coûte… Mais le capital aussi, et ce coût a explosé depuis vingt-cinq ans. Les grands groupes croulent sous une montagne de cash et l’État continue à les abreuver de fonds publics. En 2013, le CAC 40 versera près de 40 milliards de dividendes ! Il serait temps de remettre les pendules à l’heure. (Marianne N°857 21 septembre 2013 )
imagesCAQC3B54Siné Mensuel octobre 2013 – Pierre Concialdi – Membre des Économistes Atterrés
Le coût tordu du capital
La compétitivité… Baisser le coût du travail… pour l’emploi… C’est une véritable litanie. Pire ! Un oracle sacré révélé à la seule profondeur des cerveaux gouvernants et recyclé dans tous les catéchismes communicants : le travail coûte trop cher, il y a un surcoût du travail. Et le capital ? Ça rapporte, évidemment. Et plus çà rapporte, mieux tout le monde se porte : plus d’investissements, plus d’emplois… Rien que du vertueux !  Bref, d’un côté le vice, de l’autre la vertu. C’est la fable officielle de ce nouveau siècle. Problème : les entreprises sont de plus en plus rentables mais l’investissement stagne Pourtant, si l’investissement rapporte de plus en plus, les capitalistes devraient s’y ruer ? C’est en creusant ce paradoxe qu’une équipe de chercheurs s’est intéressée au coût du capital (1).
100_5754Le coût du capital, késako ?
C’est d’abord le coût « réel » du capital, celui des équipements qui s’usent année après année dans le processus de production. Et d’un. On pourrait s’arrêter là. Mais nous ne sommes pas dans le monde  des Bisounours, le capitalisme a ses exigences Entreprendre, c’est risqué : les auteurs ajoutent donc une prime de risques. Et de deux. Et il faut aussi financer l’achat des équipements, par exemple par des prêts. Ça coûte aussi, la  banque ne travaille pas gratos. Et de trois. Un plus deux plus trois : on obtient le coût « raisonnable » du capital. Ouf ! Tous les profits qui excèdent ce coût raisonnable représentent un surcoût. Vous suivez ? Alors restez assis car les résultats sont plutôt décoiffants.
Ce surcoût du capital a augmenté dans des proportions énormes depuis la fin des années 1980. Il représente entre 50% et 70% du coût réel du capital (le coût de l’investissement) soit quatre fois plus qu’au cours du quart de siècle précédent ! Explication : la rente financière (les dividendes et intérêts versés par les entreprises) a explosé. Concrètement, pour investir 100, il faut dépenser aujourd’hui entre 150 et 170. Pour l’année 2011, ce surcoût est estimé à  environ 120 milliards d’euros, ce qui représente 5 000 euros par an et par salarié. Coïncidence ? C’est le montant du retard salarial estimé par les salariés (plus de 400 euros par mois) dans une enquête réalisée il y a quelques semaines par l’Insee. Rien ne se perd en économie… Ce surcoût énorme de rente financière tue la consommation et l’investissement. De plus, ces normes exorbitantes de rentabilité contaminent l’ensemble de l’économie et pas seulement les grands groupes cotés en Bourse. Ce qui interdit de réaliser nombre de projets d’investissement qui auraient pu être très utiles (socialement, écologiquement, etc..) mais qui ne franchissent pas la barre su seuil de rentabilité imposé. On peut innover, mais pas à moins de 15% de rentabilité.
La finance, notre véritable adversaire ?
(1) Laurent cordonnier et al. « Le coût du capital  et son surcoût », Clersé, Université Lille 1 – 2013 http://data.over-blog-kiwi.com/0/44/77/29/201307/ob_431248d41a3ed6a4edffa9d655ed5690_rapportcgtcoutcapitalk.pdf
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Conférence sur le (sur)coût du capital

Depuis plusieurs mois, l’accent est mis par le FMI, la Commission européenne, et les gouvernements nationaux sur le fameux « coût du travail » qui plomberait notre compétitivité. Des mesures d’austérité sont prises afin de réduire ce coût, ainsi que celui de la protection sociale. Or, des recherches récentes ont permis de déterminer le (sur)coût du capital, dont personne ou presque ne parle.
Les Économistes atterrés organisent une conférence-débat sur ce thème. Venez participer à notre réflexion, le Jeudi 3 octobre 2013, de 19h30 à 21h45, salle 114, à la MSE (Maison des sciences économiques), 106-112, boulevard de l’Hôpital, 75014 Paris M° Campo Formio. (entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles)
Le débat aura lieu entre :
–     Laurent CORDONNIER,  chercheur au CLERSÉ (Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques), maître de conférences à l’université Lille1 et chargé de cours à Sciences Po Lille.
–    Xavier RAGOT, chercheur au CNRS-PSE, ancien conseiller économique du Ministre du redressement productif.
Elle sera animée par Philippe ASKENAZY, directeur de recherche au CNRS, chercheur  à l’École d’économie de Paris. D’ici là, retrouvez nos analyses et positions sur le sujet dans les chroniques et articles de notre site : http://www.atterres.org/
x240-zEZCoût du travail ou coût du capital ?
AgoraVox – par ROBERT GIL (son site) 13 juin 2013 –  Ecouter en mp3
Le « coût » du travail est placé au premier rang des causes des difficultés des entreprises françaises. Mais qu’en est-il ? Dans l’UE, il était, en 2011, pour les entreprises de plus de 10 salariés de 23,1 euros de l’heure, avec de fortes disparités : de 3,5 € en Bulgarie à 44,2 en Norvège. Avec 34,2 euros de l’heure en moyenne, la France est dans le groupe de pays au « coût » élevé. Mais la part de ce « coût » dans le prix du produit fini est souvent faible. Dans l’automobile la part du « coût » salarial dans le prix d’un véhicule pour l’entreprise qui l’assemble et le commercialise est de moins de 10%.
En ce qui concerne la productivité, la France se situe dans le peloton de tête au niveau mondial. Avec des salariés qui rapportent 54,8 €/heure la France est loin devant la moyenne européenne de 43,9 €/heure…et devant l’Allemagne (53,4€/heure). Loin d’être un « coût », les salariés sont surtout une manne bien profitable…
La démocratie ne doit pas s’arrêter à la porte des entreprises. Exigeons l’ouverture des livres de compte. Les richesses, c’est nous qui les produisons. Quand un patron dit qu’il est pris à la gorge, quel moyen avons-nous de savoir s’il dit la vérité ? L’ouverture des livres de comptes des entreprises est le seul moyen de contrôle.
C’est la rapacité patronale et les plans d’austérité du gouvernement qu’il faut combattre. D’autant qu’il n’y a aucune fatalité. De l’argent, il y en a, comme en témoigne le CAC 40. Des richesses accumulées aussi : le PIB de la France est deux fois plus élevé qu’il y a quarante ans. Mais depuis, les inégalités ont aussi considérablement augmenté, pour ne pas dire explosé !
imagesCALSKK2GRas le bol de ces discours pro-Patron, pro-Capital. Ce n’est pas le CDI qui est rigide mais les profits que veulent faire les Actionnaires, véritables parasites de notre société. Car les seuls qui ne veulent pas entendre parler de sacrifices, qui ne veulent faire aucune concession et remettre en cause leurs « acquis et autres avantages » ce sont eux. Pendant que la propagande gouvernementale et médiatique désigne à la vindicte populaire les « avantages » de certains salariés, chômeurs ou fonctionnaires, les véritables assistés continuent de faire main basse sur notre travail et les richesses du pays qui disparaissent via des montages financiers dans les paradis fiscaux dont on nous dit qu’ils n’existent plus !
Ce qu’il faut faire, c’est diminuer le temps de travail sans diminuer le salaire afin que plus de personnes puissent trouver un emploi. Une 6ème semaine de congés payés voire 8 semaines ainsi qu’une durée de travail de 30h / semaine seraient un bon début. En fait il faudrait que le travail disponible soit réparti entre tous les ouvriers existants, cette répartition déterminant la longueur de la semaine de travail.
Il y en a marre de ces patrons de grosses boites et de ces actionnaires qui volent l’argent durement gagné par les salariés. Les charges sont soi-disant trop importantes mais il ne faut pas oublier que ce sont des cotisations sociales qui permettent à notre système social de continuer à fonctionner. Ces cotisations sont notre salaire différé, c’est une véritable avancée sociale, nous le supprimer, c’est nous amputer de notre avenir, c’est nous livrer pieds et poings liés aux assurances et aux marchés financiers !
Si on arrêtait de donner de l’argent au MEDEF, premier assisté de France, on trouverait de l’argent pour financer tout ce dont on a besoin.
La priorité, aujourd’hui, c’est de faire passer en tête les intérêts des salariés au détriment de ceux des actionnaires et du patronat. Le seul but de l’activité économique devrait être de satisfaire les besoins de chaque membre de la communauté, pas de créer des profits à gogos et des dividendes pour les actionnaires ; au final même la création d’emploi devrait passer au second plan, ce qui prime c’est que chacun puisse vivre dignement et envisager sereinement l’avenir de ses enfants.
Jean Pierre ACASOCA sur Conscience Citoyenne Responsable

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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