Isabelle Attard, la seule députée EELV qui a dit non à la réforme des retraites

Huffington Post – 15 octobre 2013 –
La réforme, la première d’un gouvernement de gauche sur ce sujet, a été adoptée de justesse grâce aux voix des socialistes : 270 députés ont voté pour, 249 contre. Dix-sept socialistes se sont abstenus d’après le journaliste du Monde, Jean-Baptiste Chastand, présent au moment du vote. Les radicaux de gauche ont également décidé de s’abstenir en raison du report de six mois de la revalorisation des pensions. Les députés EELV ont fait de même. « Les écologistes sont totalement opposés à l’allongement de la durée de cotisation », a rappelé leur chef de file, Véronique Massonneau, en ajoutant que « des mesures permettent de rééquilibrer un texte qui semblait mal embarqué ». En revanche, les élus du Front de gauche ont voté contre le texte, comme les élus de l’UMP et de l’UDI.

Isabelle Attard

Députée écologiste du Calvados, secrétaire de la commission des affaires culturelles et de l’éducation et chef de file pour le projet de loi Enseignement supérieur et Recherche.
Contrairement à ses collègues écolos qui se sont courageusement abstenus, Isabelle Attard a voté contre la réforme et elle s’explique : Les journaux, les télévisions et Internet sont pleins d’analyses du projet de réforme des retraites du gouvernement. Certains le présentent comme inévitable, une évolution logique de notre démographie. D’autres expliquent que la réalité est bien différente. Ce texte est mon ajout à cette entreprise d’information des citoyens.
Tout d’abord, oubliez les « évidences »
Oui, nous vivons plus vieux. Non, nous ne sommes pas plus capables de travailler plus longtemps. L’espérance de vie en bonne santé a reculé de 62,8 à 61,8 années entre 2006 et 2010. Est-il raisonnable de prévoir un âge minimum de retraite plus élevé que l’âge moyen où apparaît une incapacité ?
retraiteQuelles seront les conséquences de ce projet de loi s’il est voté ?
Le projet prévoit de forcer les salariés à cotiser plus longtemps avant de pouvoir solder leur retraite. Le feront-ils en réalité? Les retraités d’aujourd’hui passent en moyenne deux ans et demi au chômage. Le premier effet de ce projet de loi sera de les maintenir plus longtemps au chômage. Au lieu de profiter d’une retraite bien méritée à 60 ans, ils encombreront les files d’attente de Pôle Emploi. Ils seront obligés de prouver qu’ils recherchent un emploi. Mais dans quel monde peut-on imaginer que les entreprises recruteront des plus de 60 ans, alors que les plus de 50 ans sont déjà si nombreux au chômage ?
Quelles sont les alternatives?
Remonter les pensions les plus faibles est une première mesure de justice sociale. Les conséquences seraient immédiates pour notre économie. Ces gens paieront leurs loyers, leurs traites, leurs factures. Ils pourront envisager d’investir dans leur logement ou dans leur santé.
Remettre l’âge du départ en retraite à 60 ans créerait un appel d’air dans les entreprises et les administrations qui permettrait de réellement inverser la courbe du chômage.
Que faire aujourd’hui?
Convaincre vos élus. Nous invitons chacun de vous à rencontrer les députés et les sénateurs proches de son domicile. Demandez des entretiens. Exprimez votre point de vue posément, calmement. Les élus ne peuvent pas ignorer les promesses qu’ils ont faites, ni la logique de notre raisonnement.
Ce sujet dépasse de loin la question de la participation des écologistes au gouvernement. Il s’agit de tenir un engagement pris par toute la majorité devant nos électeurs en mai et juin 2012. Et puis après tout, il revient au gouvernement de décider si il souhaite le départ des ministres écologistes, au motif que les députés écologistes tiennent les engagements de la majorité présidentielle.
Pour ma part, je voterai contre ce projet de loi, et je tenterai de convaincre les autres députés de faire de même.
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