Les ficelles en or du couple Balkany pour échapper à l’ISF

Le Canard Enchaîné du 16 octobre 2013 – Hervé Liffran
patrick-balkany-mars-2008_1246423211« Je ne possède rien !« , clame au « Canard » le député-maire de Levallois-Perret. Tout en se prélassant dans ses trois palais de Marrakech, des Antilles et de Giverny… La famille Balkany, qui déclarait, en 2008, au « Point » ne pas être assujettie à l’ISF, pleure toujours misère ou presque. « Je n’ai pas d’avoirs à l’étranger, je ne suis propriétaire de rien ! », assure Patrick Balkany au « Canard ». Cet accès de paupérisme n’empêche pas monsieur et madame d’entretenir pas moins de trois somptueuses demeures à travers le monde. Et ce grâce à d’étonnants montages financiers.
Depuis quelques années, le couple passe ainsi une partie de ses loisirs dans le palais Dar Gyucy de Marrakech, où il reçoit, à l’occasion, son grand ami Sarko. Située dans le « triangle d’or » de la palmeraie de la ville,  cette masure d’environ 1 200 m2 habitables est agrémentée de près de 2 hectares de parc et d’une vaste piscine. A peine de quoi jouer à cache-cache pour occuper les longues soirées d’hiver..
Pour meubler ce nid discret, les Balkany ont fait appel aux désigners bling-bling Laurent et Patsy Taïeb, fondateurs de la boutique parisienne Bertrand Prestige et fournisseurs attitrés de quelques émirs et présidents africains. En mars, le magasin a ainsi fait livrer « 1 000 kilos » (sic) de meubles à Marrakech.
Jeu de piste tropical – L’acquisition de ce palais remonte à 2008. Il avait été mis en vente par l’agence Kensington de Marrakech, affiliée à Christie’s et spécialisée dans l’immobilier de grand luxe. Après une visite des lieux par les Balkany sous le charme, la transaction avait été conclue, moyennant 5 millions d’euros. Commission comprise. Mais, sur le papier, les Balkany ne sont ni propriétaires ni locataires de ce gourbi, des « Mille et Une Nuits ». A en croire le maire de Levallois, son Sam’suffit serait loué par son demi-frère, Julien, résident fiscal aux USA et patron de la Nanes Balkany Partners, une boîte spécialisée dans le pétrole et le gaz de schiste.
Mais alors qui est le proprio ? Le cadastre marocain indique le nom d’une société locale, Dar Guycy, elle même contrôlée par une deuxième société, panaméenne celle-là : Hayridge Investments n’est que l’émanation de deux autres sociétés de Panama, dont les actionnaires se perdent dans la brume des tropiques…
Aux Antilles, un hectare sous las cocotiers
Le couple, dont les seuls revenus connus sont les indemnités d’élus de monsieur et de madame (soit un total de 12 500 euros bruts par mois), dispose d’une autre résidence, dans la partie française de l’île antillaise de Saint-Martin. Ce gentil pied-à-terre de 500 m2 habitables est situé dans un lotissement où la taille minimale des parcelles a été fixée à 1 hectare. Une fois encore, la trace du proprio s’égare dans les paradis fiscaux.
En juin 2001, déjà, le rapport d’un commandant de police, transmis à une magistrate qui enquêtait sur l’affaire des HLM, affirmait que la bicoque appartenait à Real Estate Frech West Indies Establishment. Une officine domiciliées au Liechtenstein dont le capital semblait aussi transparent qu’un compte numéroté. Mais le policier n’avait aucun doute sur l’identité  de l’actionnaire de l’entreprise, au point de qualifier Patrick Balkany de « propriétaire réel de la villa ». Ce que l’intéressé dément Sûrement par humilité…
En métropole, « les Thénardiers des Hauts-de-Seine » (comme les ,ont surnommés d’affectueux camarades de l’UMP) se sont également déniché un petit chez-soi. En l’occurrence un domaine de 4 hectares situé à Giverny (Orne), le village du peintre Claude Monet. Les Balkany y disposent d’un ancien moulin, fastueusement restauré, au bord du bien nommé ruisseau Aunette, de deux autres bâtiments d’habitation, d’un court de tennis, d’un pool house, de deux piscines (dont l’une couverte), d’un hammam, d’un bar et d’une salle de gym. Le minimum vital.
Pour aménager ce coin de verdure, le couple n’a pas hésité, au cours des années 80 – à déplacer en douce une voie communale qui avait le mauvais goût de traverser leurs terres. Enfin, histoire de ne pas se sentir trop dépaysés, les occupants ont commandé, pour décorer les allées de leur parc, les mêmes colonnes en granit et les mêmes lampadaires que ceux utilisés dans les rues de Levallois. Le mal du pays ?
C’est en 1982 que le couple a acheté cette cahute alors en ruine. Mais, depuis, il ne possède plus rien. Les généreux parents ont décidé d’en offrir la nue-propriété à leurs enfants, Vanessa et Alexandre, tout en restant les usufruitiers. une astuce qui permet d’échapper, une fois de plus, à l’impôt sur la fortune. Encore un petit effort  et les Balkany pourront prétendre au RSA…
235879-patrick-balkany-et-la-charmante-637x0-3Patrick et Isabelle Balkany, ravis à leur arrivée à l’Elysée en juin 2009
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