ONU : le camouflet stérile de l’Arabie saoudite

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De mémoire d’experts onusiens, jamais on n’avait assisté à pareille rebuffade. A peine admise, pour la première fois, au Conseil de sécurité, l’Arabie saoudite a refusé d’honorer son siège de membre non permanent aux côtés du Tchad, du Chili, du Nigeria et de la Lituanie.
 Une décision qui a provoqué stupeur et confusion au sein de la communauté diplomatique, note le Time. Motifs invoqués : l’immobilisme coupable du Conseil face à la tragédie syrienne et sa pusillanimité sur le dossier israélo-palestinien.
Le royaume wahhabite n’en est cependant pas à son premier coup d’éclat, observe la BBC, rappelant qu’il y a peu son ministre des affaires étrangères, Saoud Al-Fayçal, avait refusé de s’exprimer à la tribune de l’Assemblée générale. Pourquoi la pétromonarchie s’est-elle ainsi cabrée ?
The Washington Post, CNN et Slate se livrent à quelques spéculations : en acceptant d’intégrer le Conseil, l’Arabie saoudite n’aurait que peu d’influence face aux cinq membres permanents et à leur droit de veto. Au surplus, elle serait contrainte de prendre publiquement position, ce qui n’est guère dans sa tradition, axée sur une diplomatie feutrée.
Le timide dégel amorcé entre les Etats-Unis et l’Iran, son grand rival régional, a sans doute également influencé son choix, analyse Le Temps.
Pour Al-Arabiya et le Christian Science Monitor, l’avanie infligée par Riyad à l’ONU relève davantage du « geste symbolique » et de « l’appel à l’aide » que du « défi sérieux ». Reste que, pour la plupart des observateurs, dont The Guardian et The New York Times se font l’écho, elle écorne l’image du pays.
 Et Al-Monitor de conclure : « Etre un membre constructif de la communauté régionale et internationale est, de loin, bien plus positif que de diriger un club de monarques conservateurs qui résistent au changement dans leur propre pays. »
Le Monde 21/10/2013

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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