Les Balkany contribuables fantômes électeurs fictifs

Le Canard Enchaîné du 23/10/13 – Hervé Liffran
Au fisc, le couple se déclare séparé. Et échappe à l’ISF. Mais, pour rester diriger Levallois, il prétend vivre ensemble A une adresse bidon…
Le couple Balkany fait preuve d’une imagination débordante dans la gestion de son patrimoine. Non contents d’échafauder des montages financiers époustouflants (voir ci-dessous l’article du Canard du 16/10), le député-maire UMP de Levallois et son épouse, ont aussi un peu torturé le Code Civil, revisité la réglementation fiscale et interprété le Code électoral.
untitledVoilà quelques années, monsieur et madame ont décidé d’opter pour le régime juridique de la séparation des biens. Puis ils ont déclaré à l’administration qu’ils ne vivaient plus sous le même toit. Patrick est ainsi censé demeurer dans un gourbi de 90m2 à Levallois. Isabelle dans la somptueuse datcha de Giverny (4ha, 1 000 m2 habitables, deux piscines, un tennis, un poll house…) dont le couple a conservé l’usufruit après en avoir donné la nue-propriété à ses enfants, Vanessa et Alexandre. 
Fil à couper le beurre fiscal 
untitledCe nouveau statut matrimonial permet aux duettistes de rédiger des déclarations d’ISF séparées. La cahute de Giverny étant évaluée à environ 2 millions d’euros par les agences immobilières, chacun des époux n’a, du coup, qu’un seul million à déclarer au fisc. Et, comme les autres palais du couple infernal (à Marrakech et dans l’île de saint Martin) restent la propriété d’une nébuleuse de sociétés domiciliées dans des paradis fiscaux, ces heureux contribuables peuvent rester au-dessous du seuil d’imposition, fixé à 1,3 million. Cette séparation de corps ne semble pourtant pas affecter l’harmonie du couple, si l’on en croit les propres déclarations du maire Balkany. L’édile ne cache pas qu’il continue de dormir sous le même toit que madame, dans le Sam’suffit de Giverny…
Marchands de sommeil électoral
La galéjade est encore plus comique quand on découvre l’adresse où est supposé vivre l’infortuné Patrick à Levallois. Installée au 43 rue Trébois, sa triste tanière n’est autre que sa permanence, et le siège de l’association Rassemblement pour Levallois, dédiée à la gloire du député-maire. Composé, selon les actes notariés, « d’une boutique, d’une arrière-boutique et d’un local à la suite« , cet ensemble immobilier n’a nullement un statut d’habitation. De là à parler de domiciliation fictive, il n’y a qu’un pas, que les agents du fisc à la solde de la dictature socialiste pourraient franchir sans crier gare…
La plaisanterie ne s’arrête pas là. Les Balkany, qui ne s’entendent plus et habitent séparément quand il estpermanence_mini question d’impôts, vivent, au contraire, en famille quand il s’agit de s’inscrire sur les listes électorales et de se présenter aux municipales de Levallois. Patrick et Isabelle (qui est également première adjointe de son époux à la mairie), sont supposés crécher ensemble au 43 rue Trébois. Les deux vedettes se sont fait enregistrer comme électeurs à cette adresse, tout comme Alexandre, leur fils de 33 ans, qui vit pourtant dans la commune voisine de Neuilly. Le trio bivouaquerait ainsi au milieu des piles de tracts, des réunions militantes et des électeurs venus chercher un logement ou un boulot.
Insensibles à tant de dévouement à la cause publique, de mauvais coucheurs pourraient contester ces inscriptions et demander la radiation des trois Balkany des listes électorales de Levallois. Et empêcher le maire de se représenter. Car la loi est formelle : à défaut d’avoir leur « domicile réel » à l’adresse indiquée, les électeurs doivent au moins payer dans la commune, depuis cinq ans, des impôts locaux à titre personnel.
Or ni le père, ni la mère, ni le fiston ne semblent remplir cette condition. En effet, le local de la rue Trébois n’appartient plus à Patrick Balkany, qui n’y acquitte donc plus aucune taxe locale. En 2006, une société, TBA, dirigée par un de ses amis, a racheté la boutique à l’élu, qui fait désormais profession de n’être « propriétaire de rien« , comme il l’a déclaré au « Canard ». Le nouveau proprio la loue directement à l’association Rassemblement pour Levallois. Au risque de faire passer la famille Balkany pour une bande de squatteurs.
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