En Amérique, les banques vont banquer..

Le Canard Enchaîné – 24/10/13 – H.M.

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En Amérique, on ne rigole pas avec le business. Cinq ans après le début de la crise des subprimes – les prêts immobiliers pourris vendus au monde entier – , les  sanctions continuent de tomber, et par milliards, sur les banques US. Depuis 2008, les six principaux établissements financiers ont déjà été condamnés à payer 116 milliards de dollars de dommages et intérêts et d’amendes diverses. Soit plus que le montant des dividendes versés à leurs actionnaires pendant la même période. Et ce n’est pas fini : le procureur général des États-Unis, Eric Holder a confié au Wall Street Journal qu’il s’affairait encore à déterrer quelques gros dossiers.
Aux États-Unis, les banques sont devenues des ennemies publiques, accusées par l’opinion d’avoir provoqué la crise par leur cupidité et leurs mensonges. Barck Obama a bien compris le message et entend leur faire rendre gorge. Le ministre américain de la Justice vient ainsi de signer un accord avec la banque JPMorgan qui va devoir sortir quelque 13 milliard de dollars. La plus forte pénalité jamais versée par une entreprise américaine. Il y a une semaine, HSBC était condamnée à régler 2,4 milliards de dollars à 11 000 clients qui avaient engagé contre elle une action collective. Le Financial Times vient de révéler que les autorités réclamaient 6 millards à Bank of América, etc. Par ailleurs, des dizaines de patrons et traders sont poursuivis en justice pour escroquerie, délits d’initiés et autres babioles.
Certes, il n’y a pas de quoi mettre les banques à genou : l’amende infligée à JPMorgan représente un peu plus de la moitié de son bénéfice de l’année dernière Certes, on est loin d’avoir récupéré les 1 000 et quelques milliards de dollars qu’à coûté la crise au États-Unis. Certes, ça ne rendra pas leur maison aux centaines de milliers de petits propriétaires expulsés.
671659840Mais c’est quand même rafraîchissant quand on compare avec d’autres scandales bancaires. Telle, en France, la faillite du Crédit Lyonnais, en 1993, qui s’est traduite, vingt ans plus tard, par un bob-lieu judiciaire quasi général et le paiement de la totalité de l’ardoise (autour de 120 milliards d’euros) par les contribuables. Sans parler de l’arbitrage Tapie…
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