Règne animal – Pour que les animaux bénéficient d’un régime juridique conforme à leur nature d’êtres vivants et sensibles

BibliObs 24/10/2013

 24 intellectuels réclament un nouveau « régime juridique » pour les animaux

 D’Alain Finkielkraut à Elisabeth de Fontenay en passant par Michel Onfray, 24 intellectuels de tout poil demandent que le Code civil reconnaisse enfin les animaux comme des êtres « vivants et sensibles ».
Christophe André, psychiatre et psychothérapeute; Florence Burgat, philosophe; Didier van Cauwelaert, écrivain; André Comte-Sponville, philosophe; Boris Cyrulnik, éthologue et neuropsychiatre; Didier Decoin, de l’Académie Goncourt; Philippe Devienne, vétérinaire et philosophe; Luc Ferry, philosophe; Alain Finkielkraut, philosophe; Elisabeth de Fontenay, philosophe; Irène Frain, écrivain; Marie-Angèle Hermitte, de l’Académie française; Jacques Julliard, historien et journaliste; Frédéric Lenoir, philosophe et écrivain; Jean-Pierre Marguénaud, professeur de droit; Edgar Morin, sociologue et philosophe; Michel Onfray, philosophe; Erik Orsenna, de l’Académie française; Pierre Rahbi, philosophe; Hubert Reeves, astrophysicien et président de Humanité et Biodiversité; Matthieu Ricard, docteur en génétique cellulaire; Danièle Sallenave, de l’Académie française; Enrique Utria, philosophe; et Frédéric Vitoux, de l’Académie française
Voici leur texte
Le Code civil a été rédigé en 1804. Son article 528 définit les animaux comme des «biens meubles», au même titre qu’une table de nuit, une étagère ou une cocotte-minute. Il est temps de revoir ça, affirment vingt-quatre philosophes, historiens, écrivains, scientifiques et essayistes dans un manifeste soutenu par la Fondation 30 Millions d’Amis. Le voici
Pour une évolution du régime juridique de l’animal dans le code civil reconnaissant sa nature d’être sensible
Les animaux sont encore définis par le Code civil comme des choses, sur lesquelles l’homme peut par conséquent exercer un droit absolu.
Nous n’ignorons pas que toute tentative de faire évoluer cette classification se heurte à la force des habitudes et soulève invariablement des objections d’ordre économique. Nous l’ignorons d’autant moins que c’est le cas chaque fois qu’est réclamée la légitime considération due à un groupe exploité ou opprimé.
Certes, les animaux ne sont pas des êtres humains. Ce n’est pourtant pas la proclamation d’une dignité métaphysique, mais certains attributs – capacité à ressentir le plaisir et la douleur notamment – que les humains partagent avec au moins tous les vertébrés, qui enracinent les droits les plus fondamentaux. Et bien que dans diverses réglementations françaises et européennes les animaux soient reconnus pour leur qualité d’«êtres sensibles», encouragées en ce sens par les progrès de la connaissance scientifique, ils demeurent de manière de plus en plus contradictoire des biens meubles dans notre Code civil.
Pour que les animaux bénéficient d’un régime juridique conforme à leur nature d’êtres vivants et sensibles et que l’amélioration de leur condition puisse suivre son juste cours, une catégorie propre doit leur être ménagée dans le code civil entre les personnes et les biens .

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A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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