Drone – six années de combats, vues depuis les airs, sur un écran d’ordinateur : stress post-traumatique pour le soldat

Rue 89 25/10/2013 à Signalé par Rémi Noyon

Les confessions d’un pilote de drone

Brandon Bryant est un soldat du XXIe siècle. Pendant six ans, il a piloté des drones de l’armée américaine depuis une petite pièce plongée dans la pénombre et les odeurs de cigarette. Le jour de son départ de l’armée, on lui apprend qu’il a tué 1 626 personnes.

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Après avoir quitté son travail en 2011, il souffre d’un stress post-traumatique. Et subit les moqueries d’autres soldats qui considèrent que « jouer à un jeu vidéo » n’est pas faire la guerre.
Le magazine GQ publie le récit de ses six années de combats, vues depuis les airs, sur un écran d’ordinateur. Les cibles abattues, les doutes, l’impression d’avoir vu courir un enfant une seconde avant l’explosion, l’impuissance lorsqu’un convoi américain, ayant coupé toute communication radio, fonce sur une route minée…

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« Depuis la pénombre d’une boîte posée dans le désert du Nevada, il regarde les trois hommes trébucher sur une route poussiéreuse d’Afghanistan. La boîte est climatisée, éclairée par les écrans d’ordinateurs. L’air sent la sueur et la cigarette. Sur sa console, il contemple le paysage d’hiver de la province de Kunar, un mélange de marron et de gris, de forêts sombres et pentes escarpées. Il se rapproche des trois combattants. Il ne connaît rien d’eux, ni leurs noms, ni leurs pensées, ni les mille détails qui ont fait d’eux ce qu’ils sont aujourd’hui.
On lui dit qu’ils ont des fusils. Quelqu’un là-haut, dans la hiérarchie, lui confirme dans l’oreillette : ils sont armés. Il pousse un bouton, quitte le spectre visible et les trois hommes apparaissent soudains blancs, se détachant par leur chaleur corporelle de la terre noire. Derrière-lui, un homme s’assure que la procédure est suivie dans le moindre détail. Une longue checklist, son laser centré sur les deux hommes qui marchent devant. Trois… Deux… Un… Et puis la phrase plate, métallique : “le missile est parti”. Des milliers de kilomètres plus loin, un drone a fait son œuvre. »
Lire sur GQ (anglais)

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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