Ecoutes américaines : de qui se moque-t-on ?

Association pour une constituante – 25 octobre 2013 – André Bellon
« L’Europe pour une fois unie », entend-on sur les radios et télé. Il s’agit donc de faire connaitre le mécontentement des européens après les nouvelles révélations du journal Le Monde concernant les écoutes américaines. Dans le même temps, Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, convoque l’ambassadeur américain pour lui exprimer sa désapprobation.0107-EspionnageAmeriqueAttaqueDe qui se moque-t-on ? Voilà plusieurs mois que la question est publiquement connue. Dans tout ce temps, les réactions ont été insignifiantes et parfois même favorables aux Etats-Unis comme l’a prouvé la réaction de la Présidente du Conseil de l’Union européenne : la Présidente lithuanienne, Mme Dalia Grybauskaite, interpelée sur l’affaire des écoutes américaines, a estimé que cela ne saurait freiner les négociations commerciales qui sont engagées dans le cadre de l’accord transatlantique (et bien entendu la croissance et l’emploi –défense de rire-). Elle a même ajouté qu’il n’était pas question de demander des excuses aux États-Unis, tout au plus des éclaircissements techniques, car, a-t-elle fait observer, « le choix du moment de ces révélations, qui ne sont pour l’instant que des rumeurs propagées par la presse, n’est pas l’effet du hasard (…), juste avant la date prévue du lancement des négociations d’une zone de libre-échange euro-américaine. Et le fait qu’Edward Snowden [le jeune Américain qui a révélé le dispositif de surveillance mondiale Prism] se trouve à Moscou incite à faire cinq fois plus preuve de méfiance ». Dédouanant les américains de responsabilités graves en cette affaire, c’est tout juste si cette personnalité n’accusait pas Vladimir Poutine de manipulation pour mettre en cause les américains.
0107-EspionnageEuropeMais ce qui interpelle le plus, c’est l’échelle à laquelle l’espionnage a été pratiqué et les moyens considérables mobilisés. Des dizaines d’entreprises collaborent au programme de surveillance. Des milliers de « cybersoldats » sont mobilisés au service de la NSA, qui dispose d’une véritable « ville secrète » et d’un énorme site de stockage aux Etats-Unis. Alors, les protestations apparaissent bien faibles.
Et comment oublier la grave insulte faite au Président bolivien dont l’avion, interdit de survol du territoire français, dut séjourner en quarantaine pendant 14 heures à Vienne après un atterrissage en catastrophe ? Pourquoi cette décision ahurissante des autorités française, au mépris du droit international ? Il parait qu’on pensait qu’Edward Snowden, l’homme qui a révélé les écoutes, était à bord. Pourquoi n’y a-t-il eu ensuite aucune sanction ?
Avec le soutien de tous les gouvernements de l’Union européenne, une négociation est menée depuis le 8 juillet par la Commission européenne et les USA. Le mandat de négociation, soutenu par le gouvernement PS-EELV, est clair : il s’agit de confier la définition des règles au secteur privé en lui donnant la capacité de remettre en cause nos législations et réglementations dans tous les domaines où les firmes privées considéreront que ces normes constituent une entrave à leurs profits : normes salariales, sociales, sanitaires, phytosanitaires, alimentaires, environnementales, mais aussi l’organisation des marchés publics et la protection des investisseurs à tous les niveaux : national, régional, départemental et local.
Cette négociation, qui est préparée comme on l’a vu de longue date, le candidat Hollande, n’a pas dit un seul mot pendant sa campagne électorale.  Voir http://www.pouruneconstituante.fr/s… , que dire d’autre ?

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Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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