Des banquiers américains secourus finissent sous les verrous

La Croix – 29/10/13 – Pierre Cochez
untitledCertains banquiers n’ont pas utilisé l’argent de manière adéquate. Un rapport indique que 154 d’entre eux ont été poursuivis et 65 condamnés à des peines de prison.
L’inspectrice générale a rendu mardi 29 octobre son rapport trimestriel au Congrès américain. Christy Romero est chargée de veiller à la régularité du plan de sauvetage des établissements financiers mis en place dans l’urgence avec la crise financière de 2008. L’objectif du programme TARP (troubled assets relief program) était de proposer aux banques des liquidités, à concurrence d’un total de 700 milliards de dollars (520 milliards d’euros).
Ce dépannage était nécessaire au moment où les banques ne se prêtaient plus entre elles, par peur d’une faillite similaire à celle de Lehman Brothers. Le « dépanneur » – en l’occurrence l’État fédéral – a pris des garanties, pour veiller à ce que l’argent du contribuable américain soit utilisé à bon escient. Il a créé une inspection générale chargée d’évaluer les pratiques des institutions aidées.
4,68 milliards de dollars d’amendes
Dans son rapport de mardi, disponible sur Internet, Christy Romero entend montrer qu’il était utile de bien enquêter sur l’utilisation de ces aides et de le faire vite. Elle indique ainsi que 154 banquiers ont été arrêtés et poursuivis aux États-Unis pour des fraudes en rapport avec le programme d’aide au secteur financier TARP. 98 de ces banquiers étaient des cadres supérieurs. 65 d’entre eux ont été condamnés à des peines de prison. 
D’autres attendent leur condamnation. « Le système financier s’est stabilisé en partie grâce au soutien du programme TARP, mais la culture d’entreprise toxique qui a conduit à la crise financière n’a pas suffisamment changé » constate Christy Romero.
Les fraudes constatées ont conduit à des amendes et dédommagements pour un total de 4,68 milliards de dollars (3,46 milliards d’euros). « La crise financière a mis au jour l’omniprésence d’une culture d’entreprise néfaste qui a trop souvent encouragé la cupidité, l’exercice de pouvoir sans contrôle et qui a parfois mené à des affaires pénales de corruption » ajoute Christy Romero dans son rapport.
inventaire à la Prévert de pratiques frauduleuses
Celui-ci est un inventaire à la Prévert des combines de banquiers peu scrupuleux. Avec le soutien accordé par l’État, les dirigeants de la Bank of Commonwealth, une banque de Virginie, ont préféré acheter des antiquités et donner des réceptions plutôt que prêter aux entreprises. Le vice-président de cette institution, fermée depuis, a été condamné à 17 ans d’emprisonnement et le président d’une filiale à 8 ans de prison. 
Trois dirigeants de United Commercial Bank, qui avait obtenu près de 300 millions de dollars dans le cadre du programme, ont été poursuivis pour des subterfuges comptables et condamnés à des peines allant de 3 à 12 ans de prison. Dans ce cas, l’ensemble du versement de l’État a été perdu.
Le programme TARP s’est traduit par des déboursements de 428 milliards de dollars (317 milliards d’euros). Aujourd’hui, la majorité des banques ont remboursé les aides directes touchées dans le cadre du programme.

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