Frédéric Lenoir : « Le bonheur, l’art d’être heureux, c’est aimer la vie »

France Info – 30 octobre 2013 – Olivier de Lagarde
untitledFrédéric Lenoir, philosophe, historien des Religions, ancien directeur du Monde des Religions, publie Du bonheur, un voyage Philosophique, chez Fayard. Auteur à succès, il a vendu plus de 2 300 000 exemplaires des quelques 40 livres qu’il a écrit.

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L’interview d’Olivier de la Garde : Frédéric Lenoir, vous expliquez quelque chose de peut-être surprenant : la quête du bonheur suscite un enthousiasme populaire qui tranche sensiblement avec le désintérêt, voire le mépris des intellectuels ? Pourquoi ?
Frédéric Lenoir : Il y a plusieurs raisons à cela. D’abord des raisons historiques longues. Au 18ème, les intellectuels étaient totalement passionnés par cette question du bonheur – il faut lire Diderot, Voltaire, Rousseau où la question du bonheur était centrale. Les philosophes de ce siècle des lumières nous disent alors que le bonheur est ici et maintenant. C’est la recherche d’un bonheur individuel, d’un bonheur collectif d’un mieux-vivre des sociétés.
Mais à partir du 19ème siècle, l’ère chrétienne a placé le bonheur dans l’au-delà : il ne fallait pas être heureux sur terre et au contraire. Il va alors y avoir une réaction contre cette quête du bonheur individuel considérée comme égoïste, petite, bourgeoise. Flaubert va faire une critique mémorable du bonheur, les romantiques vont trouver que le spleen, le tragique, la tristesse, la mélancolie, sont beaucoup plus importants que le bonheur. Et puis, il va y avoir une critique philosophique radicale du bonheur, avec à la fois Schopenhauer, Nietzsche et Freud qui vont nous expliquer que le bonheur sur terre cela n’existe pas. Et aujourd’hui, les intellectuels français sont encore dans cette vision là où le tragique où le tragique compte plus que le bonheur. Il y a un décalage colossal avec le grand public qui est plus dans une recherche du bonheur.
Il y a peut-être aussi une autre raison, c’est que la question du bonheur est quelque chose d’assez intime. Un intellectuel lorsqu’il parle du bonheur, à qui on demande : Et vous, est-ce que vous êtes heureux ? il n’aime pas répondre à cela. Au fond, l’action du bonheur touche à nos émotions, au sens que l’on donne à notre  vie, à nos plaisirs. Aimer la Vie en profondeur, avec ses hauts et ses bas, ses peines, ses joies. Je crois qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre l’amour de la Vie et le Bonheur.
002429877Éditeur : Fayard / Date Parution :30/10/2013 – Prix 18 €
EAN13 : 9782213661360 / ISBN :978-2-213-66136-0
Nombre de pages : 240 / Dimensions : 20 x 13 x 1 cm
Qu’entendons-nous par « bonheur » ? Dépend-il de nos gènes, de la chance, de notre sensibilité ? Est-ce un état durable ou une suite de plaisirs fugaces ? N’est-il que subjectif ? Faut-il le rechercher ? Peut-on le cultiver ? Souffrance et bonheur peuvent-ils coexister ? Pour tenter de répondre à ces questions, Frédéric Lenoir propose un voyage philosophique, joyeux et plein de saveurs. Une promenade stimulante en compagnie des grands sages d’Orient et d’Occident. Où l’on traversera le jardin des plaisirs avec Epicure. Où l’on entendra raisonner le rire de Montaigne et de Tchouang-tseu. Où l’on croisera le sourire paisible du Bouddha et d’Epictète. Où l’on goûtera à la joie de Spinoza et d’Etty Hillesum. Un cheminement vivant, ponctué d’exemples concrets et des dernières découvertes des neurosciences, pour nous aider à vivre mieux.

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Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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