Afrique –  » Sproxil  »  » NightWatch  » : Dans un nombre croissant de pays, il révolutionne l’accès aux médicaments

 Le téléphone mobile comme premier remède
DES BOÎTES CABOSSÉES, des pilules multicolores dans des flacons en plein soleil. Dans toutes les rues d’Afrique, on trouve ces pharmacies de fortune : des antidouleur, des antibiotiques et, bien sûr, des antipaludéens vendus ainsi, au milieu des sachets de shampoing et de lessive.
Pour une partie de la population, c’est le premier recours et parfois le seul quand les pharmacies officielles et les cliniques sont trop éloignées ou trop onéreuses. Problème : un tiers de ces médicaments sont des contrefaçons, qui, au mieux, ne soignent pas et, au pire, tuent. Plusieurs centaines de milliers de personnes décèdent ainsi chaque année.
Le Nigeria, premier pays africain touché par le paludisme avec un quart des cas recensés sur le continent, est une cible en or pour les contrefacteurs. Mais peut-être plus pour longtemps, grâce à l’apparition d’une technologie mobile révolutionnaire. Mise au point par la petite start-up californienne Sproxil, elle permet aux clients de vérifier que le médicament qu’ils achètent est bien un original. Il leur suffit de gratter un numéro – comme sur un ticket de loterie – et de l’envoyer par SMS à un serveur, qui vérifie en quelques secondes son authenticité. Le gouvernement nigérian a adopté la technologie en 2010 et 6 millions de personnes ont déjà utilisé ce service gratuit, soutenu par tous les grands laboratoires pharmaceutiques occidentaux mais aussi indiens et chinois.
 » Cela a changé la donne « 
Alors qu’on trouve près de 800 millions de téléphones portables en Afrique pour une population d’1,1 milliard d’habitants, le mobile n’est pas seulement une arme puissante de lutte contre la contrefaçon. Dans un nombre croissant de pays, il révolutionne l’accès aux médicaments, l’information des patients et la formation du personnel médical.  » Le paludisme pourrait être la première maladie éradiquée grâce au mobile « , s’enthousiasme Martin Edlund, qui dirige l’ONG Malaria No More, qui soutient différentes initiatives.
Au Cameroun, au Tchad, au Sénégal et en Tanzanie, il mène une campagne baptisée  » NightWatch « , qui consiste à envoyer régulièrement aux habitants des SMS de conseil, leur rappelant, par exemple, de dormir sous une moustiquaire la nuit.
En Tanzanie, le gouvernement peut désormais suivre en temps réel le nombre d’antipaludéens et de tests dont dispose chaque dispensaire du pays. Un simple SMS par semaine suffit pour évaluer les stocks et organiser la logistique en conséquence.  » Dans les zones rurales les plus reculées, où de nombreux patients n’étaient pas traités en raison de ruptures de stock fréquentes, cela a complètement changé la donne, se félicite Jim Barrington, l’ancien directeur des systèmes d’information de Novartis, qui pilote cette initiative baptisée  » SMS for Life « . L’étape suivante consiste à ajouter d’autres types de médicaments, dans le domaine de la tuberculose et du sida notamment.  » Le coût : entre 80 et 100 dollars (59 et 74 euros) par an et par centre de santé.
De plus en plus, les données collectées par les mobiles sont utilisées pour suivre l’épidémie et traquer les derniers cas lorsque la maladie est en voie d’éradication. C’est le cas au Swaziland, qui espère être débarrassé du paludisme en 2015
C. H. 05/11/2013 © Le Monde

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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