Alcool, comment s’en sortir ?

Essentiel magazine – 05/13 – Par : Katia Vilarasau Crédit photo : Raguet H./BSIP
alcoolisme
L’alcool est souvent synonyme de plaisir et de convivialité. Pourtant, sa consommation excessive empoisonne le quotidien de plus de deux millions de personnes et de leur entourage. En parler, reste le meilleur moyen d’en sortir.
Si la consommation d’alcool des français baisse régulièrement depuis 80 ans, elle reste malgré tout la deuxième cause de « mortalité évitable ». Chaque année, 48 000 décès* lui sont imputables, ce qui représente 18% de la mortalité totale. Chez les jeunes, la consommation se stabilise mais ils boivent davantage d’alcools forts et de manière ponctuelle.
*Source : Institut de Veille Sanitaire (InVS) dans son BEH “Alcool” publié le 7 mai 2013.
Les dangers liés à l’alcool

L’addiction à l’alcool est une maladie chronique qui provoque des complications hépatiques, neurologiques ainsi que des cancers.
De plus, la consommation excessive d’alcool est la première cause de mortalité sur la route, devant la vitesse*. Elle est aussi responsable de nombreux accidents du travail et de la vie courante.
*Source : Prévention Routière.
Les doses à ne pas dépasser

Adolescents-et-alcool-quand-faut-il-s-inquieter_image_article_largeL’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande de ne pas dépasser trois verres de boissons alcoolisées, à 13° maximum, par jour pour les hommes et deux verres pour les femmes et de réserver un jour par semaine sans alcool. Mais ce seuil varie selon la sensibilité de chacun et il peut être inférieur. Une consommation importante et régulière entraine souvent une dépendance, à l’insu même du buveur. L’alcoolodépendance s’est installée lorsque la personne a perdu sa liberté face à l’alcool. L’organisme s’étant accoutumé à l’alcool, le buveur est tenté d’augmenter les quantités consommées pour continuer d’en ressentir les effets. La dépendance est, comme pour la drogue, à la fois physique et psychique : toute l’existence s’organise alors autour de la recherche du produit et l’on vit dans l’attente de ses effets.
Pourquoi devient-on dépendant ?

Efficace à faible dose contre l’angoisse et les blocages psychologiques, l’alcool est parfois utilisé, par les personnes anxieuses ou timides, pour vaincre la peur qu’elles ont des autres et atténuer leur impression de ne pas être à la hauteur. Mais, au bout du compte, le mal-être est décuplé : l’absorption d’alcool entraine un état dépressif. Le sentiment de honte qui en découle renforce la culpabilité et le complexe d’infériorité auxquels on voulait échapper.
Or, les scientifiques ont mis en évidence le fait que tous les individus ne sont pas égaux face aux addictions : il existe des prédispositions génétiques à la dépendance*.
La pression sociale peut aussi pousser à trop boire. Que ce soit à l’occasion de fêtes ou au travail. L’alcool est censé favoriser la cohésion de groupe.
*Sources : Inserm « Alcool et santé : bilan et perspectives » et « Addictions » (voir rubrique « Pour en savoir plus »).
Un problème souvent nié

La plupart du temps, l’abus d’alcool et les problèmes qui en résultent sont minimisés par le patient. Avouer avoir recours à l’alcool pour vivre revient à reconnaitre sa vulnérabilité. De plus, le fait d’appeler « alcooliques » les malades qui ont un problème avec l’alcool a longtemps contribué à les présenter comme responsables de leur état et à en faire un sujet tabou.
Les partenaires de la guérison

La guérison ne peut passer que par une réelle prise de conscience du problème. On s’arrête de boire quand on s’aperçoit que les inconvénients des alcoolisations excessives ne sont pas compensés par leurs avantages. Les femmes se révèlent souvent ainsi plus motivées pour aller consulter un médecin. « On se rend compte un jour qu’on est en train de tout gâcher, témoigne l’une d’elles. Ou bien c’est le regard de nos enfants qui nous pousse… ».
Le désir d’aider la personne alcoolique pousse parfois l’entourage à commettre des erreurs, comme de supprimer ou de cacher les bouteilles, de faire des marques pour repérer le niveau des liquides… Cela ne sert à rien, sauf à creuser le fossé entre le malade (qui n’a pas choisi de devenir dépendant) et son entourage. Il est tout aussi vain de tenter de raisonner la personne en brandissant le spectre de la maladie puisqu’elle ne peut s’en sortir seule. Mieux vaut la convaincre de se faire aider.
L’abstinence totale remise en question

Alors que l’on proclamait, il y a seulement quelques années, qu’une guérison réussie ne pouvait passer que par une abstinence totale et définitive, aujourd’hui, cette affirmation est de plus en plus souvent remise en cause : elle ne serait pas pertinente pour tous les patients.
Mais le désir d’abstinence est un passage obligé avant toute démarche thérapeutique et un soutien extérieur, associé à un suivi dans la durée, sont toujours nécessaires.

Pour en savoir plus :
L’Association nationale de prévention de l’alcoolisme et des addictions (ANPAA) propose « 3 jours sans alcool. Testez votre dépendance » . Mais aussi les structures en régions, afin de trouver des informations sur l’alcool, l’alcoolisme ou bien organiser une action de prévention.
Sur le site Alcool Info Service : tout savoir sur l’alcool et surtout, où trouver de l’aide ?
Ecoute Alcool au 0 811 91 30 30 (coût d’un appel local depuis un poste fixe, de 8 h à 2 h, tous les jours).
Fil santé Jeunes au 0 800 235 236 (anonyme et gratuit, tous les jours, de 8 heures à minuit) et sa page sur les drogues « licites » comme l’alcool.
L’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) publie un guide (très) pratique pour faire le point sur sa consommation d’alcool.
Le dossier d’information sur l’alcool et celui sur les addictions de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
L’Institut de veille sanitaire (Invs) et son bulletin épidémiologique sur L’alcool, toujours un facteur de risque majeur pour la santé en France.
L’Observatoire des drogues et des toxicomanies (OFDT) fait un état des lieux de la consommation d’alcool en France.
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