Economie – Le salaire d’un patron du CAC 40 se situe au modeste niveau de 3,96 millions d’euros par an …

 Marianne  18 /11/2013 Jack Dion – Marianne Directeur adjoint de la rédaction de Marianne et grand amateur de théâtre

 Les patrons ne connaissent pas la crise. 

Ce sont les mêmes qui viennent expliquer que le « coût du travail » est insupportable. Visiblement, leur salaire n’est pas concerné.

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Carlos Ghosn – BEHAR ANTHONY/SIPAUSA/SIPA
La bonne nouvelle est venue du Figaro : « Les patrons du CAC 40 ont diminué leur rémunération ». Fichtre. Va-t-on devoir organiser des collectes de solidarité pour permettre aux grandes familles de passer l’hiver ? Grâce à Dieu (et au veau d’or), on n’en est pas là.
Résumons les données fournies par le cabinet Proxinvest, et présentées de façon fort intéressée par le Figaro, où l’on n’oublie jamais que le patron s’appelle Serge Dassault. Pour la troisième année consécutive, la rémunération totale des PDG des 120 premiers groupes cotées à la Bourse a augmenté en 2012 (+ 6 %).
Chez ces gens-là, la crise est une aubaine. Le salaire moyen d’un patron d’une grande entreprise est de 2,84 millions d’euros par an, soit 236 000 € par mois, autrement dit 197 Smic mensuel. Par parenthèse, ce sont les mêmes qui viennent expliquer que le « coût du travail » est insupportable. Visiblement, leur salaire n’est pas concerné.
Mais il y a mieux – ou pis, tout dépend de quel côté de la barrière sociale on se situe. Il s’agit du cas très particulier des dirigeants du CAC 40, la crème de la crème, le gratin de l’élite financière. Certes, leur rémunération moyenne a effectivement baissé. Mais elle se situe cependant au modeste niveau de 3,96 millions d’euros par an, soit 330 000 € par mois, ou encore 275 Smic.
Comme il s’agit d’une moyenne, il en est qui font exploser les statistiques. Tel est le cas de Bernard Charlès, directeur général de Dassault Systèmes (14,9 millions d’euros), de Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan (13,4 millions), ou de Bernard Arnault, qui dirige LVMH (9,5 millions), dignes représentants d’une caste où l’on aime prôner les sacrifices pour les autres.
On se consolera en notant que l’on ne s’éloigne pas trop des normes établies par le « code de gouvernance » adopté par le Medef, avec l’accord tacite du gouvernement. En vertu de ce document, qui a la valeur éthique d’une OPA, le « maximum socialement acceptable » est de 240 fois le Smic. Il faut se faire à l’idée que l’égalité s’arrête à la porte des entreprises.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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