2017 : l’apocalypse annoncée ?

Le blog de SuperNo – 24 novembre 2013 –
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Non, je n’ai pas l’intention d’en rajouter dans ce qu’on appelle le “Hollande bashing”. Loin de moi l’idée d’aller hurler avec la droite patronale, la droite catho, la droite raciste, pour lesquels Hollandréou serait le pire président de la République de ces 50 dernières années. Ils ont oublié Giscard, le chasseur fou, le mégalo, l’ami des banksters, le précurseur de la catastrophe européenne. Et ils ont surtout oublié Sarkozy, le petit fier à bras, ami des riches et des puissants, celui des cadeaux fiscaux pour les riches, des 600 milliards de dette supplémentaire, et du million de chômeurs de plus en 5 ans.
On peut comme moi considérer que Hollandréou est un traître doublé d’un incapable, mais de là à le juger “pire que Sarkozy”, faut pas déconner, non plus.
Pourtant, cette droite que l’on n’entendait jamais, ou si peu, que ce soit sous Mitterrand ou Jospin, elle manifeste. Elle éructe, elle hurle, elle vomit. Elle couine son “ras-le-bol fiscal”. Jusque dans la rue. Alors qu’on ne les avait jamais entendus protester contre la moindre saloperie au sujet de la casse des retraites ou du droit du travail.
Avant, au moins, les manifs de droite, c’était drôle.
Même si, sur le fond, les revendications n’ont pas changé (“Y’en a marre des zimpôts, des taxes et de charges”, le mantra des riches, étant la plus emblématique. Le subtil délice de pervers étant de le faire entonner par des pauvres !), les militants de droite sont désormais partout. Tenez, prenez les réseaux sociaux. Sous Sarkozy, ils y étaient inaudibles (en plus d’être ridicules). Jetez un œil à Twitter, et vous verrez les rats de Camus, qui sortent de partout. Toujours aussi ridicules, ça, c’est dans les gènes. Mais ils étalent surtout de plus en plus ostensiblement leur grasse connerie décomplexée. Le Pen, Royer, Poujade et Monseigneur Lefèvre qui se disputent le clavier. Ces comptes sont en général facile à reconnaître, et pas seulement par la bêtise et l’outrance de leur propos : ils sont en général peinturlurés en bleu-blanc-rouge, les protozoaires qui les tiennent se proclament “patriotes”, et les plus moisis d’entre eux ajoutent au drapeau l’étendard de Jeanne d’Arc.
Ça a commencé avec le cirque du “mariage pour tous”. Le sujet le plus anecdotique du quinquennat, qui a fait sortir de son trou cette France moisie qui s’est dit qu’après tout, elle avait aussi le droit de dire des conneries. Et elle ne s’en est pas privée !
Depuis lors, chaque nouvelle, chaque anecdote est montée en épingle, et tout est bon pour réclamer la démission de Hollandréou.
Taubira est une guenon car elle a commis le péché originel, en étant celle qui a défendu avec un vrai talent le “mariage” pour tous. En plus, elle est laxiste, elle veut relâcher tous les criminels. Et elle est noire, beurk.
Peillon fait une réforme dont le but (théorique) est d’améliorer les rythmes scolaires. La droite (on reconnaît d’ailleurs de nombreux agitateurs du Tea Party de “La manif pour tous”) se saisit donc de ce prétexte pour pointer un prétendu désastre, l’amateurisme, le manque de moyens, et réclamer l’abandon du projet.
Les “socialistes” mettent en œuvre l’écotaxe, créée par l’UMP, impliquant un vol manifeste de l’État au profit d’une société privée avec probables bakchich dans les paradis fiscaux, et ce sont les “bonnets rouges”, téléguidés par la même UMP, qui saccagent la Bretagne, et réclament la démission de Hollandréou.
Valls, c’est plus compliqué. C’est le plus à droite, mais il est le pote à Taubira, et donc forcément laxiste. D’ailleurs le lendemain des tirs à Libération, les neuneus de droite étaient déjà nombreux à demander sa démission car le criminel courait toujours… Il y avait même des complotistes qui affirmaient que tous les faits avaient été inventés, que si on ne donnait pas le nom du photographe blessé, c’est qu’il n’existait pas, d’ailleurs il n’y avait pas de trace lui à l’hôpital.
Et une fois le tireur arrêté, il fallait dissoudre le Front de Gauche, car le type était “d’extrême gauche”. C’est bien connu, Mélenchon encourage l’assassinat des journalistes. Sans compter les “Encore un Abdel machin, faut pas s’étonner non plus…”.
C’est bien simple, jusqu’en 2017, ces andouilles saisiront tous les prétextes, y compris les plus ridicules, pour réclamer la démission de Hollandréou.
Marre de ces ringards poussiéreux, de ces abrutis racistes et dégénérés à la mémoire de poisson rouge. C’est sûr, à l’époque de Sarkozy, c’était vachement mieux. Rappelez-vous Merah… Et puis, crétins de droite, secouez vos deux synapses, et rappelez-vous le petit matamore qui pérorait devant une caméra complaisante : “Vous en avez assez de cette bande de racailles ? On va vous en débarrasser”.
Une fois au pouvoir, qu’a-t-il fait, sinon aboyer périodiquement en lisant d’un air convaincu un discours de Guaino ? Rien, strictement rien. Ah si, il a diminué les effectifs de flics. Et puis, qu’aurait-il fait pour se débarrasser de ces “racailles” ? C’est dommage, il ne l’a pas expliqué… Il les aurait “renvoyés dans leur pays ?”. Bah oui…Leur pays, majoritairement, c’est la France…
Il va pourtant falloir subir ça pendant 3 ans et demi. Car il reste encore 3 ans et demi de présidence à Judas Hollandréou, qui prie en permanence pour que les chiffres du chômage s’arrangent. La prière, c’est tout ce qui lui reste, puisqu’il est là, impuissant, ligoté par les législations européo-mondialistes, et notamment ce traité Merkozy qui lui dicte littéralement le budget.
Tiens, juste pour rire : des milliers de chevaux dans Paris aujourd’hui, pour protester contre le passage de la TVA sur les centres équestres de 5.5 à 20%… C’est l’application d’une directive européenne…
3 ans et demi, ça fait encore un peu loin pour être péremptoire, mais l’hypothèse la plus probable est qu’Hollandréou, s’il avait l’indécence de se représenter en 2017, prendrait une branlée historique. Sans doute même ne franchira-t-il pas le cap du premier tour, nous donnant un second tour Sarko-Le Pen, qui serait on l’imagine réjouissant au plus haut point.
Personne, et surtout pas moi, ne plaindra ni ne regrettera Hollandréou. Incapable, comme les autres, mais surtout le dernier des traîtres.
Rappelez-vous, vers 2010, quand les manifs de droite n’étaient encore que des sketches. Dans la rue, il y avait des manifs monstres contre la casse des retraites. Et un grosse partie de ce cortège était composée de “socialistes”. Et paf, à peine arrivés au pouvoir, et ayant vaguement promis le retour à la retraite à 60 ans, voilà que ces “socialistes” se mettent à faire pire que Sarkozy pour aboutir à ce que le départ à la retraite effectif n’intervienne plus avant 65 ans.
De même, juste avant l’élection de 2012, Sarkozy avait fait voter une scandaleuse augmentation de la TVA, dont Hollandréou s’était immédiatement saisi pour clamer qu’il l’abrogerait sitôt élu. Ce qu’il fit effectivement, avant d’en remettre en place une autre.
Un archiviste farceur a retrouvé des tweets de Jean Marc Ayrault, datés d’avril 2012.
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Il y a eu la trahison originelle, la signature du traité Merkozy, qui a entraîné toutes les autres. Il y a eu l’ANI, il y a eu Notre-Dame-Des-Landes. Il y a eu la honte de l’interdiction de vol de l’avion d’Evo Morales, suspecté de vouloir exfiltrer Snowden. Snowden dont on a découvert depuis qu’il avait dit vrai, et que l’on devrait considérer comme un héros. Tout est à changer. Tout.
Et là, de quoi parle-t-on ? De changer le minable pantin de Matignon ?
Mais pour quoi faire, bordel ? La même politique ? Pour reprendre un jeu de mot subtil, il ne s’agit pas de changer le pansement, mais de penser le changement.
Et vu le nom des “prétendants”, ça fait peur. Martine Aubry ? La tricheuse de Reims ? Ah bon, elle serait “plus à gauche” ? En même temps, c’est pas très difficile… Mais elle serait dans le même carcan, qui interdit justement toute politique de Gauche. Pascal Lamy ? Là, ce serait cyniquement confirmer un coup de barre à droite et avouer sa soumission aux ultralibéraux. Et Ségolène Royal ? Nan, là je déconne…
En fait on s’en fout. Ce qu’il nous faut, c’est quelqu’un qui renverse la table, et qui annonce d’emblée son intention de sortir de la zone euro et de renégocier la dette. There is no alternative®.
Mais cela n’arrivera pas. Le seul parti à avoir accès aux médias qui aurait ça dans son programme, c’est le FHaine. Ce disant, je ne fais pas la promo du FHaine. Mais je hurle contre l’aveuglement des autres.
Le programme du FHaine, je ne l’ai pas lu, je m’en fous. C’est bien simple, il pourrait bien y avoir n’importe quoi dans le programme du FHaine, ce serait nul et non avenu. Le FHaine n’a pas d’autre ambition que de prendre le pouvoir en s’appuyant sur ses fondamentaux racistes et xénophobes. Sur la répulsion des Français vis-à-vis des Arabes et désormais des Roms. Le reste, c’est de la roulette de Samsonite. Et puis sans rire, Marine Le Pen, l’héritière millionnaire de Montretout qui défend les pauvres, celle qui fait baptiser ses enfants à Saint Nicolas du Chardonnet qui prêche la laïcité, c’est assez croquignol.
Celui (ou celle, même si c’est très improbable) qui s’installera à l’Élysée en 2017 sera probablement une crevure libérale dont la jubilation sera à son paroxysme.
La France dans une merde noire, ployant sous une dette encore accrue par rapport à 2012, avec des millions de chômeurs et une classe moyenne dont le principal message sera le ras-le-bol fiscal. Des pauvres qui hurlent qu’on fasse la politique des riches. Du caviar pour ultralibéral.
Vous connaissez la “Stratégie du choc“ ? Cela consiste à profiter lâchement de l’état de choc, de désespoir ou d’hébétude de la victime pour faire mine de lui venir en aide, mais avec le but de l’enculer encore plus profond.
La crevure (on ne l’appellera pas “Sarkozy”, car j’ai beau être persuadé de l’infinitude de la bêtise humaine, je n’arrive pas à croire que des neuneus puissent aller voter pour un mec qui non seulement s’est foutu de leur gueule entre 2007 et 2012, a trempé jusqu’au trognon dans une kyrielle d’affaires de pourriture, mais a par la suite touché 76000 euros de Goldman Sachs, sans compter d’autres conférences sans doute mieux rémunérées encore, comme celle du 9 mai dernier à Las Vegas, où il côtoyait quelques-unes des pires canailles de la finance, comme le milliardaire des hedge funds bien connu des habitués de banksters.fr, Dan Loeb) n’aura pas trop à se fouler pour son pitch :
 ”La France va mal. Toutes les anciennes solutions ont échoué. La France archaïque a vécu, nous allons la faire entrer dans l’ère de la modernité. Nous allons libérer les entreprises de la paperasse, des réglementations désuètes et du carcan du code du travail. Nous allons inciter les entrepreneurs et les grandes fortunes à venir investir en France en desserrant l’étau de la fiscalité socialiste. Nous allons privatiser le système de retraites et la sécurité sociale, je recevrai dès demain les représentant de Goldman Sachs et des hedge funds qui me présenteront leur projet. Nous allons redéployer le service public pour le reconcentrer sur les missions régaliennes de l’État. Nous n’allons pas plus longtemps nous priver pour de ridicules raisons idéologiques des richesses dont regorge notre sous-sol. Les premiers travaux d’exploration du gaz de schiste commenceront dès demain. J’ai d’ailleurs nommé Monsieur Patrick Balkany, incarnation de la compétence et de l’honnêteté, au poste de ministre de l’énergie. Avec cette énergie abondante, nous allons faire baisser le prix de la facture de chauffage et le plein à la pompe, nous allons relancer la croissance et créer des millions d’emplois (à 5 euros de l’heure). Cette énergie alimentera l’agriculture bretonne, qui deviendra le fer de lance du développement des OGM, indispensables à l’alimentation de la planète de demain. A cet effet, nous allons conclure un partenariat public-privé avec Monsanto.”
Pire encore, le projet de traité transatlantique. Vous connaissez ? C’est que vous êtes nettement plus informés que la moyenne, car le moins que l’on puisse dire, c’est que nos chers médias sont plutôt discrets à ce propos. Cherchez donc “TAFTA” sur google, ou lisez le dossier d’ATTAC sur le sujet.
Ce n’est pas le sujet de ce billet, mais il est clair que ce traité transatlantique va étendre les traités européens, éloigner encore la prise de décision du citoyen, qui ne pourra que subir. Et, antienne libérale, généraliser la concurrence. Les “bonnets rouges”, manipulés par l’UMP, vont être fort marris de voir débouler dans nos supermarchés des poulets à l’eau de javel, ou des bœufs aux hormones, en provenance directe des “feedlots” du Texas (lire à ce sujet l’édifiant”Fast Food Nation”, de Eric Schlosser).
De toute façon, l’UMP comme le P”S” cautionneront cette nouvelle saloperie, nous la vendront comme ils nous ont vendu Maastricht ou Lisbonne, monopoliseront tous leurs médias pour en vanter les vertus et faire passer les opposants pour des arriérés. Et nous ne serons même pas consultés. C’est ce qu’ils appellent “démocratie”.
Sans compter qu’il y a aussi les banksters. Ils se font plutôt discrets, ces derniers temps. Même si Standard & Poors vient de faire une petite piqûre de rappel, dégradant la note de la France d’un cran. Sans conséquence, pour l’instant. Sauf que lorsqu’il sera avéré que malgré la politique de taxation de tout et surtout de n’importe quoi mise en place par Hollandréou, le remboursement de la dette ne se fera pas aussi rapidement que ses maîtres les banksters l’ont ordonné, ils vont se mettre à augmenter les taux d’intérêts, dont il est bon de rappeler qu’ils les fixent comme ils l’entendent. Quand arrivera le moment de virer Hollandréou, son successeur aura beau jeu de saisir ce prétexte, non pas pour se révolter et sortir de cette dictature, mais au contraire de mettre en place les “indispensables baisses de dépenses publiques®” et les “réformes” exigées par nos racketteurs.
 Les racketteurs, justement, ils se réveillent.
Le patron de BlackRock, Larry Fink, pronostique la fin de l’euro d’ici 10 ans, si la France n’améliora pas sa compétitivité. Blackrock est la plus grande société d’investissement au monde. Elle gère près de 3000 milliards de dollars d’actifs pour son propre compte. Plus que le PIB de la France (ou que la dette, c’est quasi kif-kif). Elle est même l’actionnaire principal d’une entreprise américaine sur cinq.
Larry Fink, c’est le mec qui voulait aussi rendre l’épargne retraite obligatoire. C’est pas qu’il s’inquiète de la retraite des braves travailleurs américains, d’un point de vue du rendement il préférerait au contraire qu’ils claquent le jour de départ en retraite. Mais c’est que cette épargne retraite, c’est du bon argent avec lequel Monsieur Fink va faire joujou… Et ça lui rapporte, puisqu’en 2010, en pleine mouise, il a touché le plus gros salaire de Wall Street, 24 millions de dollars et que sa fortune personnelle est estimée à 340 millions de dollars. Tout à fait légitime pour donner des leçons aux salariés français. Je préconise la division de ses émoluments par 100, même pas sûr que ça suffise pour qu’il soit compétitif par rapport à un patron malgache ou albanais…
Il y a aussi l’OCDE, qui vient de sortir un rapport assez tordant.
Pour eux, la principale mesure à mettre en place est de supprimer ce qui reste des 35 heures et de… diminuer le SMIC. Je ne sais pas si les bonnets rouges ou les anti-Hollande ont envisagé le truc de cette manière… Encore plus hilarant, voici en quels termes charmants l’OCDE parle des salariés français (ceci incluant les découpeurs de bidoche de chez GAD ou Tilly, les monteurs de machines à laver de chez Fagor, les manutentionnaires de La Redoute, les mouleurs de pneus de chez Goodyear…)
 ”les Français ne travaillent pas assez, et lorsqu’ils travaillent, ils sont trop payés pour ce qu’ils font”.
Sic.
Voilà voilà.
Bon évidemment, si on se place du point de vue d’un actionnaire bien gras, qui attend sur son yacht que le salarié trime 12 heures par jour, 7 jours sur 7, sans sécu, sans chômage, sans retraite et sans allocs, se tuant à la tâche, pour grossir son bas de laine déjà replet, et qu’il compare à un Chinois, un Roumain ou un Malgache, c’est indéniable.
Mieux, il est tout aussi irréfutable que dans les champs de coton de Virginie au XIXe siècle, le taux de chômage était assez bas et la compétitivité au taquet.
Est-ce bien là le monde que nous voulons ? J’ai un doute. Par contre je suis sûr que c’est celui que nous aurons.

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A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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