Valence : Télévision à 12H19 (11H19 GMT), RTVV devenait la première télévision publique régionale, sur les treize que compte l’Espagne, à disparaître.

Dans les cris et les larmes, écran noir à la télévision de Valence

Des journalistes qui protestent à l’antenne, des policiers qui entrent dans le bâtiment et soudain, l’écran noir: la télévision régionale de Valence, en Espagne, a cessé d’émettre vendredi à la mi-journée, plombée par une lourde dette.

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Workers and supporters of Spanish television station « Channel 9 », part of Valencia broadcaster RTVV, gather outside the company’s headquarters in Valencia on November 29, 2013, following the closure of RTVV. A debt-laden Spanish television station went abruptly off the air today, apparently cut off by authorities as laid-off staff protested live in defiance of orders to shut it down. The Valencia government run by the conservative Popular Party ordered the region’s loss-making public broadcaster RTVV to be shut down but staff refused to go quietly. The banner means in Valencian: « RTVV don’t close, it is your television » AFP PHOTO / JOSE JORDAN

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 Des employés de la Radio télévision valencienne (RTVV) manifestent devant le siège de la chaîne, le 29 novembre 2013 à Valence afp.com – José Jordan
Criant « Vous n’avez pas honte! », « RTVV (Radio télévision valencienne) ne ferme pas », quelque 300 journalistes, certains en larmes, ont occupé l’antenne pendant douze heures et jusqu’à la dernière minute, pour dénoncer la fin de vingt-quatre ans d’émission en valencien, une déclinaison locale du catalan.
A 12H19 (11H19 GMT), le son et l’image ont été coupées.
RTVV devenait ainsi la première télévision publique régionale, sur les treize que compte l’Espagne, à disparaître.
Les dernières images, retransmises en direct sur la chaîne publique nationale TVE, avaient montré les liquidateurs judiciaires dans les locaux techniques de la télévision, escortés par des policiers qui venaient déloger les manifestants.
« Cette fermeture a généré des images qui ne me semblent en aucun cas convenables dans un pays occidental, un pays libre« , a regretté auprès de l’AFP Elsa Gonzalez, présidente de la Fédération des associations de journalistes d’Espagne (Fape), dénonçant « une perte de droit à l’information du citoyen ».
Alors que la Fape dénombre 10.000 postes de travail de journalistes disparus depuis 2009, il faudra y ajouter les 1.700 employés de RTVV, même si Elsa Gonzalez reconnaît que la chaîne avait atteint une taille « démesurée », à l’image de la « bulle médiatique » que le pays a créée en même temps que sa bulle immobilière, qui a éclaté en 2008.
Dès jeudi à minuit, l’avenir de RTVV semblait définitivement scellé: le gouvernement régional confirmait son choix de fermer la télévision valencienne, qui croule sous une dette de plus d’un milliard d’euros, en publiant au bulletin officiel « la loi de suppression, dissolution et liquidation » de la station.
Mais toute la nuit, alors que des agents de police étaient déployés devant le siège du groupe, les journalistes ont tenté l’impossible, occupant l’antenne à partir de minuit et repoussant plusieurs tentatives pour couper le signal de Canal 9, la chaîne principale de RTVV.
« Nous racontions ce qui se passait, la publication au journal officiel (de la liquidation de la chaîne, ndlr), la fermeture de la radio régionale, la fermeture de nos agences locales à Alicante, Castellon et Valence, les tentatives de la police pour couper les câbles », a raconté à l’AFP Vicent Montagud, chef du service international de Canal 9.
« Pour nous, cela a été très triste, car cela veut dire la fin de vingt-quatre ans de télévision, mais aussi très honteux » et « extrêmement difficile car la pression était très grande avec la venue de la police la nuit ».
En direct, « nous avons analysé ce qui se passait avec des responsables politiques et des représentants de la société civile (invités sur le plateau, ndlr), comme nous aurions informé de toute nouvelle importante ».
Oui, mais avec une liberté de ton jamais vue dans cette télévision, jusque-là connue pour sa grande complaisance envers le parti au pouvoir, ce qui explique sans doute sa très faible audience (environ 3%), qui n’a pas empêché les habitants de la région de manifester leur opposition à sa fermeture.
Deux présentateurs parlaient devant l’image d’une croix et le message « Ci-gît RTVV, maltraitée, exploitée, manipulée et assassinée par le Parti populaire », de droite, au pouvoir dans la région et en Espagne.
A l’antenne, ils ont même réussi à joindre, pour avoir son soutien, le porte-parole de la télévision publique grecque, elle aussi fermée brutalement ces derniers mois.
La région de Valence avait décidé le 5 novembre de fermer la station, quelques heures après l’annulation par la justice d’un plan social concernant 1.000 des 1.700 employés du groupe, se disant incapable financièrement de réintégrer les salariés licenciés.
Plusieurs télévisions régionales sont elles aussi en difficultés financières et ont lancé des plans sociaux, notamment celle de Madrid, que le gouvernement régional menace aussi de fermer si ses suppressions d’emplois ne sont pas approuvées par la justice.
 TV5 Monde Madrid (AFP) – 29.11.2013 – Par Katell ABIVEN © 2013 AFP

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