Dominique de Villepin, petit épargnant modèle, formé à l’école de Jacques Chirac

Le Canard Enchaîné du 4/11/2013
Dans la France de François Hollande, il y a des réussites financières qui méritent d’être saluées. Comme celle de son camarade de la promotion Voltaire, l’énarque et ancien Premier ministre Dominique de Villepin.
Cette réussite, les bibliophiles et les collectionneurs ont pu  la mesurer, vendredi 29 novembre, à l’hôtel Drouot. Ce jour là, Dominique Galouzeau de Villepin vendait 450 ouvrages de sa bibliothèque et une flopée  de documents, manuscrits ou photographiques. Produit des enchères : 2 900 000 euros. Après déduction des frais et de la fiscalité, c’est donc un chèque de plus de 2 300 000 euros qui lui reviendra.
Pour que cette vente soit un succès, Villepin et la maison Pierre Bergé avaient fait habilement « monter la mayonnaise » : deux magnifiques catalogues intitulés « Les voleurs de feu » et Les porteurs de flamme », vendus 50 euros et adressés à 2 500 enchérisseurs potentiels. Avec, en prime, une préface signée par Galouzeau, lui-même : 11 pages rédigées dans ce style pompeux qu’il affectionne.
938916-1113857Ces 2,3 millions, toutes taxes déduites, viennent s’ajouter au 1,2 million d’euros que lui avait rapporté, le 13 mars 2011, la vente de sa précédente bibliothèque. Elle était composée de livres et de documents sur Napoléon 1er et l’Empire. Ainsi, malgré un salaire de haut fonctionnaire (8 000 à 9 000 euros net par mois), puis de ministre (11 000 euros) et, enfin, de Premier ministre (18 000 euros net), et une famille nombreuse à nourrir, Villepin a pu accumuler une collection de livres rares dont la vente lui a rapporté plus de 3,5 millions en moins de trois ans un talent d’épargnant qui est une leçon pour tous. En particulier pour les collectionneur et habitués de l’hôtel des ventes de Drouot.
Un écureuil exemplaire
Devenu avocat au lendemain de son retrait de la vie politique, l’ancien Premier ministre de Chirac s’est révélé aussi remarquable homme d’affaires que collectionneur. Le 8 avril 2008, il crée une société d’« exercice libéral par actions simplifiée » (sic) au modeste capital de 1 000 euros. Intitulée Villepin International, elle ne compte que deux salariés : l’ancien homme de lige de Chirac et une secrétaire.

08-01-10-chirac-villepin

La première année, Villepin International a réalisé un chiffre d’affaires de 2 455 000 euros et a dégagé pour son unique actionnaire un résultat net de 1 529 000 euros. Une performance qui, depuis, s’est reproduite à chaque exercice et qui lui a permis de s’offrir, en 2010, et en échange d’un chèque de 3,2 millions, l’ancien hôtel particulier de Sarah Bernardt, rue Fortuny, dans le XVIIème arrondissement de Paris.
Lors d’un entretien au « Figaro » (6/11), quelques semaines avant la dispersion de sa seconde collection à l’hôtel Drouot, Villepin affirmait que cette vente était « aussi, peut-être, une façon de [se] convaincre, preuves à l’appui (…), qu’il n’y a pas de fatalité à la médiocrité politique ».
Il aurait pu ajouter « ni à la médiocrité financière ».
Aveu partiel
Formé à l’école de Jacques Chirac, dont la rigueur morale et financière n’est plus à démontrer, Dominique de Villepin a toujours refusé de fournir la moindre information sur son patrimoine et son origine. Seule concession : il a reconnu avoir acquitté 26 808 euros d’impôts sur la fortune en juin 2010 (« Paris Match » 26/1). Selon les taux alors en vigueur, ce montant correspond à un patrimoine taxable de 4,2 millions d’euros.
Ce montant calculé sur la valeur des biens au 31 décembre 2010 ne prend pas en compte les collections de livres et de manuscrits, exonérés d’ISF, que Villepin a su accumuler depuis des années. Grâce, évidemment, à ses petites économies de petit épargnant.
France à fric

valises

Septembre 2011 : Robert Bourgi avait affirmé avoir participé à plusieurs remises de mallettes contenant de l’argent liquide en provenance de plusieurs pays d’Afrique. A l’intérieur, 10, 15, et parfois « jusqu’à 20 millions d’euros ». De l’argent qu’il dit avoir remis à Jacques Chirac et à Dominique de Villepin sous la présidence Chirac.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
Cet article, publié dans * Train de vie de l'Etat, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.