Des informations que nous considérons comme importantes, ne devient-elle pas déprimante et toxique ?

Rue89 01/01/2014  Global Voices Online 31/12/2013
Le journalisme de solutions peut-il remplacer l’information « toxique » ?
Un conflit sanglant au Sud-Soudan. Des manifestants arrêtés et battus en Egypte. Des villes détruites par un typhon aux Philippines. Ce sont des informations que nous considérons comme importantes. Mais leur présentation ne devient-elle pas déprimante et toxique ?

coup sur la tête

Notre but, chez Global Voices [site multilingue, faisant écho aux discussions des réseaux sociaux à travers le monde, partenaire de Rue89, ndlr], est de parler des personnes qui sont impliquées dans les événements que relatent ces informations, dans le monde entier.
Comme les autres médias, nous consacrons beaucoup d’articles à des actualités souvent dramatiques, à la corruption politique, aux catastrophes écologiques. Nous éprouvons de l’empathie pour les personnes victimes de problèmes ou tragédies, qui souhaitent faire entendre leur voix dans le monde entier.
« Les 40 chats les plus maladroits de 2013 » ?
Mais nous connaissons nous aussi ces moments quand l’équipe éditoriale de Global Voices préférerait s’installer confortablement pour lire sur Buzfeed « Les 40 chats les plus maladroits de 2013 » au lieu d’éditer les sombres récits qui nous parviennent des quatre coins du monde.
Ce type d’informations inonde chaque jour tous les médias et il peut en résulter une vision très négative de notre monde. Qui nous laisse avec un sentiment d’impuissance. Mais peut-être n’est-ce pas inévitable ?
Et si les informations nous permettaient de devenir des citoyens plus actifs, susceptibles d’avoir à terme un impact sur la marche du monde ? Existe-t-il un format qui permette de présenter des informations sur des événements, bons ou mauvais, de façon constructive ? Qui permette aux lecteurs de s’engager pour des situations difficiles, même si elles se déroulent à l’autre bout du monde ?
Journalisme de bonnes nouvelles ?
Cette semaine, nous disons adieu à 2013 avec un numéro spécial de GV Face, notre série de débats en vidéo [en anglais, hélas…, ndlr]. Il réunit cette fois-ci uniquement des membres de Global Voices : le co-fondateur Ethan Zuckerman, les rédactrices en chef Solana Larsen et Sahar Habib Ghazi, autour de Ellery Roberts Biddle, l’éditrice de notre site pour les libertés numériques, Advocacy.
Le thème : le concept de »journalisme de solutions » et de « good news » (bonnes nouvelles).
Nous avons mis en parallèle ce journalisme de solutions et la démarche traditionnelle du journalisme. Nous parlons aussi des mutations du paysage médiatique et de nos propres pratiques éditoriales, à Global Voices.
Ensemble, nous envisageons quelques alternatives, pour que l’actualité ne soit plus destinée uniquement à informer, mais pour qu’elle propose d’agir et de nous exprimer en tant que citoyens du monde et cybercitoyens.
Publié initialement sur  Global Voices
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A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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