PIB et écologie : Est-ce compatible ?

Du Journal mensuel –  L’âge de Faire – janvier 2014 : Le Site logo_site_Lagedefaire1Par Christophe Ramaux  (Université Paris I ) Membre des Économistes Atterrés
Le Produit Intérieur Brut (PIB) est un indicateur très utile : grâce à lui, on mesure la production de richesse monétaire (2 032 milliards en 2012), sa répartition (entre salaires et profits par exemple) et son utilisation (consommation et investissement). c’est grâce à lui que l’on peut mesurer les inégalités de revenus, mais aussi l’importance des services publics (les fonctionnaires produisent 333 milliards, soit 15% du PIB) ou bien des prestations sociales. En moyenne,  en France, près de la moitié du revenu des ménages est constitué de prestations sociales (600 milliards de retraites, remboursement de soins, allocations chômage…) et de consommation de services publics non marchands (éducation, hôpital, culture…). La dépense publique est  élevée, mais rien ne se perd, cela se retrouve en terme de consommation des ménages.225_PIB
Des investissements publics massifs … et écologiques
Le PIB ne prend pas en compte les activités bénévoles et domestiques C’est heureux, au risque sinon de tout marchandiser (le bénévolat) ou d’encourager le maintien de femmes au foyer. Le PIB, comme tout indicateur statistique est limité : il ne prend en compte que les richesse monétaires et non toutes les richesses (l’amitié, le niveau d’éducation, de santé, etc.), même si les secondes dépendent souvent des premières (les dépenses d’éducation ou de santé sont plus élevées quand le PIB l’est).
Plutôt que de critiquer le PIB, c’est à la construction d’autres indicateurs à laquelle on doit s’atteler, afin, en particulier, de prendre en compte les enjeux écologiques.  Le Bilan carbone développé par L’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) permet, par exemple, de bien saisir les enjeux associés à la réduction des gaz à effet de serre (GES).
Réduire le GES, cela suppose, en premier lieu, des investissements publics massifs : rénovation thermique des bâtiments, développement des énergies renouvelables, des transports collectifs, relocalisation des productions. Tout cela aurait des effets positifs sur le PIB. Le développement des productions biologiques ou « raisonnées », en lieu et place des « productivistes », augmente aussi le PIB. Si on ajoute les besoins en matière d’éducation, de santé, de culture, qui jouent dans le même sens, c’est finalement le découplage entre croissance du PIB et GES qui apparaît possible.
Certaines productions doivent incontestablement décroître (grosses cylindrées, gaspillage associé à l’obsolescence programmée de certains produits, etc.), mais d’autres bien plus importantes, doive,t augmenter afin de satisfaire les besoins sociaux et écologiques. L’enjeu est bien là : utiliser, en amont, les indicateurs écologiques, afin de privilégier certaines productions plutôt que d’autres.
100_5914Extraction pétrolière en pleine forêt vierge, projet d’oléoduc serpentant dans les territoires de peuples autonomes… Dans l’Amazonie péruvienne, les compagnies françaises Perenco et Maurel et Prom sont critiquées par les communautés locales et menacent des populations indiennes qui refusent tout contact avec la civilisation industrielle.
Lire sur Bastamag.net : Une nouvelle menace pèse sur l’Amazonie : l’industrie pétrolière française

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Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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