De l’eau de pluie pour les WC et le lave-linge

Terre Vivante – L’écologie pratique – Gestion de l’eau – Antoine Bosse-Platière
logoBien mise en œuvre, la récupération de l’eau de pluie fournit une eau de bonne qualité et non calcaire. D’où l’idée de l’utiliser dans la maison, pour les chasses d’eau et le lave-linge. (http://www.terrevivante.org/)
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La réglementation française, censée favoriser la récupération d’eau de pluie (voir encadré crédit d’impôt) a pour le moment restreint ses usages à l’arrosage du jardin. Mais rien n’interdit de l’utiliser aussi à l’intérieur de la maison comme dans nombre de pays d’Europe du Nord.
Les chasses d’eau de nos toilettes représentent entre 20 et 30 % de notre consommation d’eau, le lavage du linge environ 12 %. Pour les toilettes, l’option la plus écologique reste les toilettes sèches à compost. Mais avec l’eau d’arrosage du jardin, c’est près de la moitié de votre consommation d’eau potable que vous pouvez économiser en récupérant l’eau de pluie. L’eau de pluie n’étant pas calcaire, cela permet en outre une réduction de l’usage des détergents de 50%. Le Code civil permet à chacun d’utiliser à sa guise l’eau de pluie qui tombe sur son terrain – hormis si vous recevez du public (gîte par exemple).
Evaluez vos besoins
La quantité d’eau récupérable dépend de la pluviométrie de votre région et de votre surface de toiture. Les toits végétaux et les toitures contenant des goudrons sont à exclure. Le potentiel de récupération se situe entre 4 et 7 m3 par mois selon les régions pour un toit de 100 m². Pour une famille de quatre à cinq personnes avec un potager et une utilisation intérieure (WC + lave-linge), prévoyez une citerne de 10 à 15 m3.
Matériel nécessaire
Optez pour la cuve enterrée et prévoyez son installation si possible au début du chantier de construction de votre maison, lorsque les engins de terrassement sont encore là. Vous avez le choix entre la cuve béton (de 5 à 18 m3) et la cuve polyéthylène (jusqu’à 10 m3). Le béton alcalin permet de neutraliser l’acidité naturelle de l’eau de pluie, le polyéthylène, beaucoup plus léger, convient aux terrains d’accès difficile. Vous pouvez aussi construire votre cuve béton (voir le chapitre 4 de Bâtir écologique d’Emmanuel Carcano, aux éditions Terre vivante).
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1 : Panier inox 400 microns à vider périodiquement. Les eaux non-filtrées sont évacuées par une canalisation qui rejoint le trop-plein de la citerne.
2 : L’eau filtrée arrive au fond de la citerne.
3 : Dispositif anti-remous,
favorisant un mouvement ascendant vers la surface pour éviter de remuer les boues de décantation.
4 : tuyau de soutirage pour pomper l’eau vers l’habitation.
5 : crépine avec clapet anti-retour pour éviter tout désamorçage.
6 : flotteur maintenant la crépine 10 cm sous la surface pour éviter d’aspirer les poussières en surface.
7 : flotteur pour détecter la baisse de niveau. Coupe l’alimentation avant que l’eau n’atteigne le fond de la citerne.
8 : trop-plein à ouverture biseautée facilitant l’évacuation des particules flottant à la surface.
9 : siphon évitant les remontées d’odeurs de l’égout.
10 : grille évitant l’entrée de petits animaux.
11 : couvercle à dévisser pour nettoyer la grille.
Précautions indispensables
Les systèmes de filtration préconisés ici ne permettent pas de rendre l’eau potable, ni son usage pour l’hygiène corporelle. Les deux réseaux – eau de ville, eau de pluie – doivent être totalement séparés et les robinets doivent porter un pictogramme « eau non potable ». Si l’eau de pluie vient à manquer, le groupe de pompage doit basculer sur l’eau de ville avec un dispositif de disconnexion physique aux normes pour empêcher tout retour d’eau dans le réseau d’eau potable. Pour obtenir une eau de bonne qualité, il faut prévoir :
– une crapaudine ou un bout de grillage en haut de chaque descente de gouttière ;
– un dispositif de filtration accessible en amont de la cuve avec tamis inox 10 à 0,5 mm ;
– une cuve enterrée accessible pour un nettoyage intégral ;
– un système de trop-plein avec clapet anti-retour ;
– une arrivée d’eau noyée avec dispositif anti-remous pour éviter de remuer les fins dépôts ;
– un tuyau de soutirage équipé d’une crépine filtrante et d’un flotteur pour de capter l’eau sous la surface, là où elle est la plus propre ;
– pour l’alimentation des toilettes, un système de pompage automatique et de mise sous pression (3 bars) précédé d’un filtre 100 microns (0,1mm) ;
– pour l’alimentation du lave-linge ajouter un filtre 25 microns (bobine filetée à changer tous les six à huit mois).
Budget à prévoir : de 5 000 à 8 000 € HT pour une installation complète (pose incluse) destinée aux usages WC / lave-linge / jardin.  Et de 7 à 10 000 € HT pour inclure tous les usages, y compris l’eau de boisson. La durée de l’amortissement dépend de nombreux facteurs. Calculez la vôtre en partant de votre budget eau annuel. Le fait que cette durée soit assez longue réduit l’attrait de ce type d’investissement, mais son intérêt écologique demeure.
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Et le crédit d’impôt ?
Dans le neuf comme dans l’ancien, vous pouvez bénéficier d’un crédit d’impôt de 22 % pour le coût d’un équipement de récupération et de traitement des eaux pluviales (la main d’œuvre et les frais annexes sont exclus). Le montant des dépenses ouvrant droit au crédit d’impôt est plafonné à 8 000 € pour une personne seule et 16 000 € pour un couple soumis à imposition commune. Cette somme est majorée de 400 € par personne à charge. Pour les bailleurs, il est plafonné à 8 000 € par logement dans la limite de 3 logements par an. Ce plafond s’apprécie sur une période de cinq années consécutives comprises entre le 1er janvier 2005 et le 31 décembre 2015.
Bonnes adresses : AQUAVALOR –  CABY ET CIE EAU FORTE  – EAUX DE FRANCE  – GRAF  – IS’EAU ENERGIE SARL  – SKYWATER  – SOTRALENTZ  – SVE

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A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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