Culture – Nantes Palais des congrès : « Les BIS » Biennales internationales du spectacle

LE MONDE | 23.01.2014 |

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Le monde de la scène se réinvente à Nantes

En janvier 2012, les Biennales internationales du spectacle (BIS) avaient réuni, à Nantes, plus de 10 000 professionnels des arts de la scène, musique, théâtre, danse, cirque…

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En 2014, malgré un environnement économique en dépression, c’est encore une fourmilière effervescente qui a inauguré les BIS, organisées au Palais des congrès, jusqu’au 23 janvier.
anantes les bis« Nous sommes à la fin d’un cycle, analyse Nicolas Marc, fondateur des BIS et éditeur du magazine culturel La Scène. Les modèles évoluent, et le spectacle a retrouvé une dynamique, tant dans la création que dans la diffusion. » Pour ses dix ans d’existence, ce salon atypique a réaffirmé sa place de tremplin des arts vivants, entre le Marché des musiques actuelles (MaMa), à Paris, en octobre, et le Marché international de l’édition musicale (Midem) de Cannes, consacré, chaque année fin janvier, depuis 1967, à la musique enregistrée.
S’il est beaucoup question de musique, c’est parce que, observe Nicolas Marc, « ce type d’événement correspond au fonctionnement du milieu musical ». Des rencontres, des croisements, des cocktails, des concerts, du in et du off, et une myriade de petites structures actives, tout aussi à l’aise avec le monde numérique qu’avec les mécanismes de financement « à la française », issus des années Jack Lang, après l’élection de François Mitterrand en 1981.
Certains jugent d’ores et déjà ce modèle obsolète, qui cherchent à se passer des financements de l’Etat, de toute façon revus à la baisse, voire du soutien des sociétés civiles, afin de développer des schémas transversaux, souples, où les mariages avec des marques et la scène permettent de placer l’artiste au cœur de l’entreprise. Un espace appelé Place des Tournées (tourneurs et producteurs de spectacles), a vu son taux d’occupation augmenter de 20 % depuis l’édition des BIS de 2012.

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« UNE GRANDE AMBITION NATIONALE »
Par ailleurs, les conférences et tables rondes traitent de tout ce qui constitue l’entreprise de spectacle – de la billetterie à la gestion des charges sociales, du développement durable dans les festivals à la formation professionnelle ou au rôle de la critique. Comment Nicolas Marc voit-il l’ambiance des prochaines Biennales, en 2016 ? « Nous pourrons mesurer la volonté des politiques de préserver et maintenir l’activité culturelle. »
anantes aurélie filiL’auditoire des BIS est frondeur. En 2006, Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture du gouvernement Villepin, avait été chahuté par les intermittents. Depuis, aucun ministre de la culture ne s’y est frotté, jusqu’à Aurélie Filippetti, en visite officielle jeudi 23 janvier. Elle y était déjà venue en 2012, avec le candidat Hollande, qui s’était lancé dans une critique à boulets rouges de la politique du président Sarkozy, notamment en matière d’enseignement artistique. Il avait juré de faire de la culture « une grande ambition nationale » et surtout de « sanctuariser son budget »
Les promesses gouvernementales n’ont pas toutes été tenues ; pour autant, les professionnels de la scène n’ont pas sombré dans le pessimisme. Ils ont même cessé de se voir comme des « danseuses » de la République, reconsidérant leur position sociale après la publication d’une étude, réalisée en novembre 2013 par le cabinet EY pour France Créative, un groupement d’acteurs privés, établissant « le poids économique des industries culturelles et créatives à 74 milliards d’euros, plus que le secteur du luxe ». Le 3 janvier, une seconde étude commanditée par les ministères de la culture et de l’économie évaluait la valeur ajoutée des industries culturelles pour 2011 à 57,8 milliards d’euros, dont 8, 8 milliards pour le spectacle vivant, au premier rang des activités génératrices de richesse.
Véronique Mortaigne (Nantes)  Journaliste au Monde

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Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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