François Hollande : « nous n’avons pas réussi dans l’année 2013 à faire diminuer le chômage »

Economie matin.fr – 28 janvier 2014 – Jean-Baptiste Leroux
Pôle emploi a révélé lundi soir que le nombre de chômeurs en France avait augmenté de 10 200 personnes pour le seul mois de décembre. cc/flickr/Francois Hollande
Nous vous l’annoncions depuis quelques mois, une prévision qui n’avait rien de prophétique tant les chiffres lui donnaient tort, mais la voici. François Hollande a reconnu ce mardi que lui et le gouvernement n’avaient pas réussi à inverser la courbe du chômage sur l’année 2013. Une annonce qui fait suite à la publication des derniers chiffres du chômage par Pôle emploi lundi soir (lire ici).
« Le chômage a augmenté de 2008 à 2012 d’un million et il a continué à augmenter encore en 2013, plus de 170 000. C’est beaucoup » a indiqué le président de la République, en déplacement en Turquie, devant la communauté française d’Istanbul.
Une stabilisation oui, mais pas une inversion de la courbe du chômage
« La fin de l’année traduit une stabilisation, mais nous n’avons pas réussi dans l’année 2013 à faire diminuer le chômage. A en diminuer le rythme d’augmentation, oui. A le stabiliser, oui, en cette fin d’année. Mais pas à le diminuer » a reconnu le président de la République qui reconnait là un échec majeur de sa politique, et le non accomplissement d’une de ses promesses phare de campagne.HOLLAN~1
François Hollande compte sur les contrats de génération et sur la croissance pour réduire le chômage
« Nous y avions mis les moyens nécessaires et nous continuerons à les mettrais en termes d’emplois aidés, de contrats pour les jeunes, de contrats de génération, d’emplois d’avenir, de formation » a insisté le chef de l’Etat, déballant tout son arsenal anti-chômage, « mais nous ne pourrons faire baisser le chômage dans les prochains mois que s’il y a de la croissance » a-t-il enfin nuancé.
Le pacte de responsabilité, nouvelle mesure anti-chômage du gouvernement ?
« Le chômage, nous le ferons baisser à la seule condition que nous nous mobilisons tous et c’est pourquoi j’ai proposé aux entreprises le pacte de responsabilité et aux partenaires sociaux, de négocier des contreparties » a précisé celui qui ne parle plus d’inversion de la courbe du chômage, mais bien de stabilisation…
Lire également : Peter Hartz, le père des réformes Schröder, pourrait conseiller François Hollande
libeHollande, le libéral masqué (Nouvel Observateur – 11/01/2014)
Pendant la campagne, le candidat Hollande avait annoncé un encadrement des rémunérations patronales. Il était scandalisé par les salaires excessifs, les stock-options et les retraites-chapeau, qui tombent les mauvaises années comme les bonnes. Une fois élu, qu’a-t-il fait ? Une loi ? Un décret ? Rien du tout.
 Il a laissé son ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, s’arranger avec les gourmands du CAC 40. Il a même pris soin d’annoncer la nouvelle dans un joli communiqué : « Il n’y aura pas de loi spécifique sur la gouvernance des entreprises. » Ah bon ! « Cela ne signifie en rien que le gouvernement renonce à ses ambitions en matière de limitation des rémunérations excessives. » Bien sûr que non ! « La méthode retenue, mieux adaptée dans un environnement international en constante évolution, est bien celle d’un dialogue approfondi, dans le cadre duquel la présidente du Medef, Mme Laurence Parisot, et le président de l’Afep [l’Association française des entreprises privées], M. Pierre Pringuet, se sont engagés à présenter un renforcement ambitieux de leur code de gouvernance. » On est sauvés ! [ …]
Le code de gouvernance adopté par le Medef et l’Afep début 2013 prévoit un vote consultatif – donc sans conséquence des actionnaires en assemblée générale, organise la mise en place d’un comité de suivi, et recommande la présence d’administrateurs salariés dans les comités, notamment de rémunération. On est assez loin de la prise du palais d’Hiver en 1917.[…]

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
Cet article a été publié dans Social, Travail. Ajoutez ce permalien à vos favoris.