De l’utilité des vieux troncs

Charlie Hebdo le site – 30 janvier 2014 – Antonio Fischetti
On sait que les arbres permettent de lutter contre l’effet de serre en absorbant le dioxyde de carbone. Et, sur ce plan, les scientifiques pensaient que les jeunes étaient plus efficaces que les vieux. Pourtant, non, c’est tout l’inverse: ce sont les vieux arbres, les plus utiles. Nathan Stephenson, du Centre de recherche écologique de Three Rivers, en Californie, a analysé les données de 670 000 arbres de 403 espèces différentes, en remontant jusqu’à quatre-vingts ans. Il en ressort que plus les arbres sont âgés, plus ils grandissent vite, et donc plus ils stockent de CO2. vieux-chene-brume_6313
«C’est comme si, pour des humains, la croissance s’accélérait après l’adolescence au lieu de ralentir.» Pour lutter contre le changement climatique, mieux vaut donc conserver un gros arbre que de planter de jeunes pousses. Un bon argument à opposer à ceux qui, insensibles à la beauté des vieux troncs, prennent prétexte de leur prétendue décadence pour les tronçonner.
L’OREILLE À PORTÉE DE BOURSE
photo (7)Devenir sourdingue en vieillissant est une calamité qui menace tout le monde. Mais plus encore les fauchés, qui ne peuvent pas s’offrir de prothèses auditives, leur prix dépassant généralement 1500 euros, sur lesquels la Sécu ne rembourse que 120 euros, et une éventuelle complémentaire. À partir de ce constat, la société Sonalto a commercialisé un «assistant d’écoute» au prix de 300 euros: «Cet appareil a les mêmes composants qu’une prothèse auditive, à la différence qu’il n’est pas réglable, mais c’est suffisant pour la majorité des gens qui ont des pertes auditives dues à l’âge», explique Maxence Petit, directeur de Sonalto. En somme, une sorte de «prêt-à-porter» auditif, comparé au «sur mesure» des prothèses auditives. À la manière des lunettes loupes, les assistants d’écoute sont vendus en pharmacie. Mais ça fait enrager les audioprothésistes. Étant donné la marge faramineuse qu’ils se font («Les prothèses auditives sont vendues entre 90 et 300 euros par le fabricant, et revendues entre 900 et 3000 euros par les audioprothésistes», nous apprend Maxence Petit), on comprend que les «assistants d’écoute» low cost leur portent ombrage. Du coup, ils ont — via leurs syndicats — porté plainte contre une pharmacienne de Saint-Germain-en-Laye qui en vendait. Celle-ci a été relaxée le mois dernier par le tribunal de Versailles, mais une autre procédure est en cours contre la société Sonalto. En attendant que les prothèses auditives soient correctement remboursées, ce qui n’est pas demain la veille, il serait doublement scandaleux que les pauvres soient privés d’audition à cause de minables intérêts corporatistes.
SEXES ET CENTIMÈTRES
Si l’on peut constater, ici ou là, quelques progrès dans la réduction des inégalités sociales entre hommes et femmes, en termes de centimètres, les choses sont loin de changer: dans toutes les populations du monde, les femmes mesurent, en moyenne, une quinzaine de centimètres de moins que les hommes. Cette inégalité n’est pourtant pas systématique dans le monde animal. Chez les araignées ou les baleines bleues, par exemple, ce sont les femelles les plus grandes. Alors, pourquoi pas chez l’humain? Biologiquement parlant, les femmes auraient intérêt à être plus grandes qu’elles ne le sont, car elles auraient un bassin plus large qui leur permettrait d’accoucher plus facilement. Les femmes sont-elles plus petites parce qu’elles mangent moins à cause des hommes, qui, depuis l’âge des cavernes, se tapent les plus grosses parts de bouffe? À moins que la plus grande taille des hommes ne soit un avantage évolutif pour séduire les femmes?… Aucune réponse universelle, mais de fascinantes hypothèses mêlant biologie, anthropologie et sociologie. Pour en savoir plus, il fallait regarder le documentaire de Véronique Kleiner, Pourquoi les femmes sont-elles plus petites que les hommes?, vendredi 24 janvier à 22h10 sur Arte.MCHANT~1

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
Cet article a été publié dans Ecologie, Social. Ajoutez ce permalien à vos favoris.