Fessenheim : les élus pètent un neutron

Siné Mensuel  – février 2014 – Blandine Flipo
Bonne nouvelle : le gouvernement l’a promis et réaffirmé, la centrale nucléaire de Fessenheim va fermer d’ici à 2016. Mais, sur place, cela ne ravit pas tout le monde Pour sauver leur centrale pourrie, les élus locaux sont prêts à tout. Et surtout à n’importe quoi…
une-risqueusIls étaient plus de 200, le 12 janvier dernier, à battre le pavé de Fessenheim (Haut-Rhin) pour demander le démantèlement de la centrale nucléaire. Pas un mauvais chiffre pour ce genre de manif. A ceci près que la plupart d’entre-eux étaient Allemands. Les Alsaciens, eux, ne se sont pas déplacés en masse… Il faut dire que leurs élus ne lésinent pas pour soutenir la vieille centrale d’EDF et les 2 000 emplois directs ou indirects qui vont avec. Ainsi, selon le réseau Sortir du nucléaire, l’actuelle maire divers droite de Fessenheim, Fabienne Stich, n’a-t-elle pas hésité à affréter plusieurs bus pour envoyer ses administrés manifester à Colmar ou à Paris ! Contactée par Siné Mensuel, la maire n’a pas souhaité répondre à cette accusation. Reste le malaise : « Et voilà comment on utilise nos impôts, à financer des opérations de propagande ! » dénonce André Hatz, du collectif Stop Fessenheim.
Hélas, ce n’est pas toujours un cas isolé : en janvier toujours, le conseil général du Haut-Rhin a posté dans toutes les boîtes aux lettres du département un supplément baptisé E. Ho!, édité à 370 000 exemplaires. Le document, selon le site Alsace.fr (19/1), « a fait beaucoup parler de lui » dans le genre inventaire de tous les « coups portés contre l’Alsace » par le gouvernement. Dont la fermeture de Fessenheim, que ne peut pas digérer le président du conseil général, l’UMP CHarles Buttner… Au conseil général, l’opposition de gauche a dénoncé un « outil de propagande payé par le contribuable« . Rebelle jusqu’au bout (et l’œil fixé sur les sénatoriales), Buttner assume. Bien joué, vu que la CGT et le Parti communiste font aussi partie du Chorus pour garder la centrale. Et tans pis si elle est en panne tout le temps. Ou qu’elle se trouve sur une faille sismique. Ou que son système de sécurité laisse à désirer. « Finalement, il n’y a que les Allemands qui s’inquiètent d’un tel danger à leur frontière, en Alsace, les gens ne veulent rien entendre« , soupire André Hatz.
Mais Fessenfeim fermera, parole de Hollande ! Même si, d’un point de vue légal, rien ne permet aujourd’hui de forcer la main d’EDF. Jean-Michel Malerba, le nouveau délégué interministériel à la fermeture de Fessenheim, a annoncé que des mesures « politiques » seront prises pour y parvenir. Pas sûr que ce soit fait d’ici 2016… Les Alsaciens n’ont pas fini l’exploitation cette centrale ! Y compris politiquement.
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La centrale nucléaire de Fessenheim, en exploitation commerciale depuis 1978, est la plus ancienne en France. En bordure du grand canal d’Alsace, dans une zone d’activité sismique, elle a été construite avec les normes anti-sismiques des années 60 qui sont très éloignées des normes actuelles. Alors que la fermeture de cette centrale est prévue par le gouvernement pour fin 2016, EDF y a entrepris des travaux très coûteux pour qu’elle puisse continuer à fonctionner quelques années. Au vu de la vétusté des installations, des incidents à répétition et des risques sismiques, il est nécessaire et urgent d’arrêter Fessenheim au plus vite. (Lire sur Réseau Sortir du nucléaire)84639871_o

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