Justice – Rwanda : Le procès historique de Simbikangwa

aproces-de-pascal-simbikangwa-un-ex-officier-rwandais-le
Les jurés français ont tranché, vendredi 14 mars, sur des faits qui se sont produits il y a vingt ans, à 9 000 kilomètres de Paris. Un événement inhabituel mais hautement symbolique.
L’ancien chef rwandais des renseignements, Pascal Simbikangwa, a eu beau répéter qu’il n’était qu’un simple exécutant, il a été condamné à vingt-cinq ans de réclusion pour son rôle de décideur dans le génocide, au terme du premier procès en France lié au drame.
La Libre Belgique et Jeune Afrique ont mis en évidence le caractère « historique » de l’audience car elle s’est déroulée en France : le Rwanda reproche depuis 1994 l’inaction de Paris face aux anciens dignitaires du régime génocidaire qui ont fui le pays et vivent en France « impunis ».
L’ex-général Simbikangwa, sous le coup d’un mandat d’arrêt international depuis 2008, a été interpellé en 2009 sur l’île de Mayotte, où il vivait sous un faux nom (NY Times). « L’histoire est en marche », a réagi le ministre rwandais de la justice, Johnston Busingye, après le verdict, tout en se demandant pourquoi la France avait mis vingt ans à agir, alors que des procès de responsables rwandais ont déjà eu lieu en Suisse, en Belgique et au Canada (Le Temps).
La justice française enquête en ce moment sur une vingtaine de cas similaires, la loi internationale permettant de juger sur son territoire un présumé responsable de génocide (Al-Jazira).
Dans Le Soir, l’historienne Colette Braeckman parle aussi de « procès historique » car il s’agit du premier du genre en France, mais elle soulève également un autre aspect du verdict. Selon elle, la condamnation de Pascal Simbikangwa « démontre » que le génocide des Tutsi était bien l’aboutissement d’un plan d’extermination prémédité. Une thèse réfutée par certains auteurs et spécialistes, pour qui le drame n’était pas programmé.
Le Monde 17/03/2014

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
Cet article, publié dans International, Justice, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.