Algérie – Usé, le « système Bouteflika » à l’épreuve des urnes

Le Monde 17/04/2014
Jamais sans doute, depuis l’indépendance de 1962, l’Algérie n’aura connu pareille tension avant un vote. Après trois semaines d’un combat politique émaillé de coups bas, près de 23 millions d’électeurs sont appelés aux urnes ce jeudi afin de désigner celui qui dirigera le pays pour les cinq années à venir.
aBouteflikaBien qu’ayant été pratiquement invisible en raison de ses problèmes de santé (il a été victime d’un AVC en avril 2013), le président sortant, Abdelaziz Bouteflika – 77 ans, dont 15 à la tête de l’Etat – fait figure de favori. Et ce en dépit d’une « campagne par procuration », menée dans la plus parfaite « improvisation » par Abdelmalek Sellal, premier ministre devenu homme-lige, déplore La Liberté.
Beaucoup, de fait, craignent que la victoire annoncée d’Abdelaziz Bouteflika, en quête d’un quatrième mandat, ne repose sur un simulacre d’élection. Ces derniers jours, note d’ailleurs Jeune Afrique, les accusations de fraude se sont multipliées.
Dans un entretien au Monde, Ali Benflis, « le rival en puissance » victime, selon El Watan, d’une « ignoble cabale », s’est, lui aussi, mêlé à la cohorte de ceux qui dénoncent les agissements du pouvoir. Humilié à la présidentielle de 2004, le candidat n’a pas l’intention, cette fois, d’accepter docilement son sort. Preuve en est, l’ex-chef du gouvernement… d’Abdelaziz Bouteflika (de 2000 à 2003) a promis qu’il ne se tairait pas en cas de tricheries avérées, misant sur le soutien « de millions d’Algériens », rapporte Algérie-Focus.com.
La fraude, une illusion ? « On ne va tout de même pas brûler toute la maison » pour « un ou même quelques cas », tranche L’Expression. Alors que l’Algérie est percluse de maux (corruption, pauvreté, inégalité, clientélisme), le régime serait bien avisé de ne pas provoquer davantage la colère du peuple, juge le consultant indépendant Omar Benderra sur Oumma.com.
Car, conclut El Watan en forme d’avertissement : « Même s’il n’a pas encore apporté la démocratie, le fameux ‘printemps arabe’ a brisé les chaînes de la peur ».

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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