Le parquet traque le magot du diplomate favori de Sarkozy

Le Canard Enchaîné du 16 avril 2014 – H. L.
h-20-2413339-1298316398Le parquet de Paris recherche à travers toute l’Europe l’origine des liasses de billets trouvées, l’été dernier, par des douaniers dans le sac de voyage de Boris Boillon. Ce jeune diplomate sarkozyste reconverti dans les affaires transportait 350 000 euros en coupures de 10 100 et 500, plus 40 000 dollars.Le procureur François Molins a ainsi adressé des demandes d’entraide judiciaire à la Belgique, à la Roumanie et même à la Finlande – un pays qui apparaît pourtant rarement dans les enquêtes financières.  Le proc s’intéresse en particulier aux comptes bancaires qu’ont ouverts dans ces pays Boillon et divers intermédiaires, parmi lesquels figure une société roumaine de BTP.
En prime, les enquêteurs ont mené, voilà quelques mois, une perquisition soignée dans les bureaux parisiens de la société de conseil Spartago, créée par Boillon au lendemain de la présidentielle de 2012. De nombreux documents informatiques ont été saisis et sot aujourd’hui en cours d’analyse.
Les magistrats se montrent d’autant plus curieux que ce transporteur de fonds haut de gamme a joué un rôle de premier plan dans l’entourage de Sarko. Avant d’être bombardé ambassadeur de de France en Irak puis en Tunisie, Boillon jouait les missi dominici de son patron en Libye, où le guide Kadhafi le surnommait affectueusement « mon fils ». Surtout, Boillon  a débité aux enquêteurs des explications abracadabrantesques pour justifier la provenance de son magot. Bref, comme Claude Guéant et la soi-disant vente de ses tableaux, les explications sur la provenance de ce pactole ne semblent pas très claires.jpg_BakSept11fautemorale1-b65f6L’argent proviendrait de sociétés irakiennes qui ne disposaient que d’argent liquide pour payer ses précieux conseils. Détail étrange, certains billets portaient des traces de terre. Une partie d’entre eux se trouvaient dans « une mallette enterrée à côté de [s]a cave », a répondu, sans cille, ce nouveau disciple d’Harpagon. Mais, aujourd’hui, M. l’Ambassadeur n’est pas près de revoir sa chère mallette…

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