Afrique du Sud – Vingt ans après l’apartheid, le rêve inachevé

Le 27 avril 1994, brisant avec alacrité les chaînes honnies de l’apartheid, l’Afrique du Sud se rendait aux urnes pour ses premières élections multiraciales (lire notre dossier d’archives).
L’espoir alors affiché était de jeter les bases d’un « Etat démocratique et inclusif, fondé sur les valeurs de la dignité humaine, du respect des droits de l’homme, de la liberté, de l’antiracisme, de l’antisexisme et de la primauté de la loi ».
Vingt ans après ce que Peter Lazenby, du Morning Star, qualifie de « jour mémorable dans l’histoire », que reste-t-il de ce rêve glorieux ?
Pour le Mail & Guardian, la promesse d’une « vie meilleure pour tous » ne s’est pas concrétisée. De fait, note l’hebdomadaire sud-africain, le Congrès national africain (ANC, au pouvoir) a échoué à remodeler l’économie. Alors que des élections générales se profilent le 7 mai, l’ombre du regretté Nelson Mandela plane sur le scrutin, indique Voice of America.

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Mais, bien que l’ANC de Jacob Zuma soit, selon les sondages, assuré d’emporter la victoire, l’enthousiasme s’est tari, sur fond d’inégalités sociales persistantes. Empêtré dans divers scandales de corruption et vilipendé pour son incapacité à créer des emplois, le parti voit son aura décliner, souligne le NY Times.
Au sein de la génération « born free » (« née libre », soit après l’apartheid), le désenchantement est palpable, observent le Guardian et le Washington Post. La Deutsche Welle voit néanmoins des raisons de se réjouir, comme le fait que la « nation arc-en-ciel » n’ait pas cédé à la violence ou que le pays ait l’une des Constitutions les plus libérales au monde.
A l’approche du 7 mai, le Times LIVE appelle à « engager la prochaine phase de [notre] révolution ». Avant de conclure : « Les hiérarques de l’ANC devraient être conscients d’une réalité : l’époque où les gens chantaient et dansaient est révolue ; à présent, ils réclament des services et un gouvernement qui entende leurs doléances. »
Le Monde 28/04/2014

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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